La Bretagne des transports réclame une nouvelle avancée sociale Pratique et ressources

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Hubert Heulot

Voilà deux ans qu’ils y travaillent. Depuis la révolte des « Bonnets rouges » contre l’écotaxe. Le monde breton du transport, FNTV pour les voyageurs, et FNTR pour les routiers a annoncé, le mardi 3 novembre, avoir signé un « label qualité dialogue social ». Dans le concret, il s’agit de leur entrée en négociation avec la CFDT, le principal syndicat de salariés dans ces deux secteurs, pour aboutir d’ici l’été prochain, à un nouveau contrat social.

Le premier objectif est une sorte de rappel des acteurs au respect des règles sociales. FNTV, FNTR, CFDT veulent «Poser clairement les problématiques sur les questions de compétitivité liées à la concurrence déloyale et au dumping social, aux excès de fiscalité, à la simplification de notre réglementation et aux questions de sous-traitance». Dans le transport de voyageurs, il s’agit par exemple, de revoir la mécanique des appels d’offres qui conduit à une dégradation de la situation des salariés et à de forts taux de turn-over dans les entreprises. «Les cahiers des charges ignorent des éléments de coûts de nos exploitations qu’il nous faut bien répercuter quelque part. Il ne faut pas que ce soit au détriment de nos personnels. Un salarié qui passe trois heures par semaine à nettoyer son véhicule, si l’on n’en ne lui en compte que deux ça ne va pas. Ce n’est pas la même chose de lui proposer plus d’heures que de l’augmenter. Ce n’est pas non plus pareil de lui proposer un contrat pérenne ou précaire», indique Gildas Lagadec, président de la FNTV Bretagne.

Dans son esprit, tous les acteurs du monde du transport sont concernés par ces dérives. Un premier pas devrait, selon les trois signataires, être franchi très vite, au plus tard à la fin janvier. Ils vont rédiger un «volet transversal  consacré à la commande publique».

Dans un second temps, pour « la modernisation du secteur », l’objectif de la charte est de «renforcer l’attractivité de nos métiers par une rénovation de notre protection sociale, de notre formation professionnelle ainsi que la poursuite de l’engagement de nos entreprises dans une démarche de développement durable ». Autrement dit, les signataires se proposent d’entamer une nouvelle étape de progrès social. Dans le concret, un tronc commun devrait traiter, notamment, de la sécurité des personnels, de la réglementation sociale, l’hygiène de vie au travail. Pour le reste deux chartes spécifiques sont à écrire pour chacun des deux secteurs du transport.

Stéphane Bourgeon pour la CFDT Bretagne espère obtenir de nouvelles garanties pour les salariés au passage d’une entreprise à l’autre au moment du renouvellement d’un contrat de transport public. En particulier le maintien de l’emploi et des niveaux de rémunérations. Il va proposer l’instauration de comités de suivi où siègeront les deux entreprises, celles qui a perdu le marché et celle qui l’a remporté.

La nouvelle charte a été signée sous l’égide de la Région Bretagne et de l’Etat. Les signataires en appellent à leur «soutien précieux et nécessaire pour le développement de la dynamique lancée ». Cette démarche était aussi inscrite dans le Pacte pour l’avenir de la Bretagne, annoncée par le gouvernement, après la révolte des «Bonnets rouges ».

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