Corsica Ferries teste son marché européen

Jean-Michel Savelli, directeur Marketing France, entouré d’Agnès Sorin et Bruno D’Utruy, de l’agence de communication ayant préparé l’opération nantaise qu’ils ont lancée au restaurant La Cigale.   © H.H.
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Hubert Heulot

Deux campagnes locales de communication à Nantes et à Cologne activent deux marchés européens au départ de la France et de l’Italie. Corsica Ferries adapte ses services en vue de la saison 2016.

Corsica Ferries, le leader des liaisons maritimes vers la Corse pousse son avantage avant qu’il ne soit  peut-être trop tard. Depuis le 2 juin dernier, les bus nantais promènent sa campagne d’affiches : « Nantais, embarquez pour la Corse sans supplément de bagage ». Directement visée, à cette distance de la Corse : la concurrence de l’avion. La télévision va seriner le même message pendant l’été sur Canal +, Direct 8, D17, RMC Découverte, BFM TV. Clientèle visée : les « CSP Plus », comme l’explique Bruno d’Utruy de l’agence de communication conceptrice de la campagne. Comme sur l’affiche, il s’agit de séduire les familles aux revenus confortables pour lesquelles partir en vacances en Corse avec son propre véhicule et lui faire prendre le bateau est plus économique que l’avion, même low cost, auquel il faut ajouter la location d’une voiture sur place.

Départ supplémentaire à minuit à Toulon et à Nice

D’ailleurs les affiches, sur le fond jaune éclatant caractéristique de Corsica Ferries, montre une famille dans la trentaine allant jusqu’à emporter la planche de surf, le vélo et la guitare. « Prix de la traversée : 1200 euros l’aller-retour, indique Jean-Michel Savelli, directeur Marketing France. En haute saison, c’est moins cher que l’avion ! ». Argument commercial supplémentaire, Corsica Ferries met en place des traversées de nuit. Départ à minuit au lieu de 22h. « La clientèle que l’on vise se trouve à 1000 km du port d’embarquement, Toulon ou Nice pour la France. Cela lui laisse plus de temps pour y arriver. L’idée est ensuite que la traversée en bateau, ce sont déjà les vacances !« , explique Jean-Michel Savelli. Corsica Ferries mène aussi campagne sur les réseaux sociaux. Elle a averti ses 90 000 fans sur Facebook dans le département de Loire-Atlantique, autour de Nantes du lancement d’un concours pour gagner une traversée gratuite, cet été. La famille gagnante, nantaise, la trentaine, deux enfants, l’un de quatre ans, l’autre de 20 mois, une Toulonnaise d’origine n’ayant jamais voyagé en Corse et un photographe devront faire vivre sur Facebook leur voyage lors de la dernière semaine de juillet. Elle voyage beaucoup à travers le monde. Elle pourra renseigner Corsica Ferries sur les qualités et les défauts de ses services. Pour en savoir encore plus, une fois la saison passée, la compagnie enquêtera par téléphone auprès des Nantais ayant utilisé ses bateaux. Elle conduira éventuellement des entretiens ciblés, sur-place à Nantes. «Jusqu’ici, nous nous sommes contentés de cultiver, en France, nos bassins de clientèle naturelle que sont la région PACA, la vallée du Rhône et Paris« .

Un navire de plus

« Nous voulons progresser dans les grandes villes européennes à une journée de voiture au maximum (1000 km) de nos ports d’embarquement, en France et en Italie (Savone, Livourne, Piombino et Civitavecchia). D’un côté Toulouse, Nantes, Lille. D’un autre Prague« , indique Jean-Michel Savelli. Une campagne de promotion équivalente à la nantaise démarre à Cologne, en Allemagne, pour « vérifier les problématiques culturelles« . Corsica Ferries consacre pas loin de 10% de son budget de communication annuelle dans ces deux opérations. Deux « laboratoires », selon Jean-Michel Savelli, mis en place pour préparer les adaptations de son offre (prix, services) en 2016. Corsica Ferries entend profiter de sa situation de leader actuel sur les liaisons maritimes vers les îles du Nord de la Méditerranée (trois millions de passagers 65% vers la Corse, 30% vers la Sardaigne, 5% vers l’île d’Elbe) pour creuser son sillon quand il en est encore temps. L’abondance de navires de tourisme immobilisés dans le Nord de l’Europe ou en Grèce lui font craindre l’arrivée de nouvelles concurrences, éventuellement low cost. « Mais elles feront plus de mal à la SNCM quand elle redémarrera qu’à nous« , précise Jean-Michel Savelli.

En attendant, Corsica Ferries entend pousser son avantage. Elle vient d’intégrer un septième navire à sa flotte, premier investissement de taille depuis 2008, année où la compagnie est devenue leader sur son marché : le Silja Festival, racheté à la compagnie finlandaise Silja Line, navire jumeau du navire amiral de sa flotte actuelle, le Mega Smeralda (171 m, 21 nœuds, 2000 passagers, 540 cabines, 550 véhicules). Loué jusqu’ici comme navire-hôtel en Alaska, il vient d’arriver en Corse le week-end dernier. Des travaux de rénovation seront effectués à partir de septembre prochain. Il entrera en service d’abord entre la Corse et la Sardaigne. Le navire va notamment permettre à la compagnie d’accentuer ses rotations sur les 13 lignes qu’elles opèrent. « La puissance et la capacité de nos navires, c’est la clé de notre offre, qui permet souvent d’effectuer, au départ de la Corse, un aller-retour par jour vers le continent et d’ajouter un nouveau départ le soir », explique Jean-Michel Savelli. Un service permanent vers la France. Avec une restriction pour les autocars et le marché groupe, exclus en haute saison, mais particulièrement bienvenus en avant et en après-saison.

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