Dominique Gauthier, directeur de Transdev, voit dans le client une source primordiale d’innovation Politique et réglementations Stratégie Territoires

Dominique Gauthier : "Dans le futur, les opérateurs que nous sommes devront prendre plus de risques qu'aujourd'hui"   © © F. Stucin
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Pierre Cossard

Dominique Gauthier, directeur et membre du Comité exécutif de Transdev, deviendrait directeur général adjoint du futur groupe formé par Veolia et Transdev. Plus qu’un vade-mecum de bonnes pratiques, son ouvrage « Innover pour servir la mobilité durable » se lit comme un programme. Interview.

Bus&Car : Pourquoi écrire un ouvrage à votre retour en France ?

Dominique Gauthier : C’est en quelque sorte la mise en forme d’une forte conviction. J’ai longtemps fait de la recherche, et nous avons réalisé beaucoup d’innovations au Portugal, je sais que nous sommes aujourd’hui dans une situation où la nécessité d’innover va s’imposer à tous les acteurs du transport public. J’ai donc ressenti le besoin de l’écrire, pour montrer clairement que les transports en commun sont une des solutions pour faire évoluer demain nos sociétés.


Vous balayez tous les aspects du transport de voyageurs, comme le système de la délégation de service public qui, selon vous, doit être modifié…

Je me suis attaché à rester dans une optique de transporteur. Je suis convaincu que dans le futur, les opérateurs que nous sommes devront prendre plus de risques qu’aujourd’hui. En France, cette idée émerge petit à petit, et nous aurons demain un rôle d’intégrateur et d’apporteur de solutions. Nous assisterons peu à peu à une globalisation des services et serons au cœur du nouveau système. Mais cette évolution implique sans doute aussi une modification du paysage des autorités organisatrices de transports. La hiérarchie qui prévaut en France est liée à la fiscalité et elle est aujourd’hui un frein à de nombreux développements. Il faudra imaginer des AO correspondant plus étroitement aux bassins de transports, avec des systèmes d’intercommunalité et de communautés d’agglomérations dotés d’interface. Le tout avec beaucoup de souplesse car les situations sont toutes différentes.


Dans votre ouvrage, vous consacrez un long chapitre au client qu’il faut, selon vous, placer au cœur de toutes les réflexions…

Aujourd’hui, nous sommes passés du concept d’usagers à celui de client, je pense qu’il est désormais nécessaire d’en faire un acteur. Il a un rôle primordial à jouer en tant que source d’innovation. Un outil comme le web 2.0 peut créer une dynamique entre les opérateurs et le client. A travers les études que nous menons en permanence dans nos réseaux et sur les grandes tendances à dix ans, nous rentrons en discussion directe avec les clients et nous nous apercevons par exemple que l’utilisation des réseaux sociaux marche très bien. Autre constat, les gros consommateurs de virtuel sont aussi friands de transport public. Ils apprécient de pouvoir utiliser les outils du net pendant leur parcours de transport, d’où l’importance de proposer cet accès à nos clients, et d’utiliser ces canaux pour leur fournir nos informations. Le réseau qui met en œuvre ces outils est toujours valorisé. Ces développements impliquent que nos entreprises de transport auront besoin de nouveaux métiers car il faudra concevoir et alimenter tous ces systèmes en temps réel. Certains sont déjà installés dans des villes moyennes, ils vont s’étendre.

 

Lire l’intégralité de cette interview dans le prochain numéro (N°868) de Bus & Car.

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