Épidémie: climat social tendu dans les transports publics

Les conducteurs du réseau STBC ont fait valoir leur droit de retrait suite au décès d'un de leurs collègues, contaminé par le Covid-19.  
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La rédaction

Droit de retrait à Chelles. Les conducteurs de la Société de transports du bassin chellois (STBC, filiale de Transdev), en Seine-et-Marne, ont repris le travail mardi 7 avril après quatre jours d’arrêt, durant lesquels ils ont fait valoir leur droit de retrait. Ce mouvement a démarré à la suite du décès d’un de leurs collègues, contaminé par le Covid-19, et alors qu’un autre salarié se trouvait dans un état grave. Pour les conducteurs de la STBC, les mesures de protection et le matériel d’hygiène fournis par l’employeur étaient insuffisants. À la suite d’un don de masques, les salariés ont estimé que les conditions étaient remplies pour une reprise du travail. «Des rencontres et des échanges ont été organisés toute la journée de lundi 6 avril entre la direction de Transdev, de la STBC, les conducteurs et les organisations syndicales. Dans la mesure où, conformément aux demandes des autorités, nous avons mis en place toutes les mesures de sécurité requises par l’autorité organisatrice de mobilités, le droit de retrait ne se justifie pas», estime l’opérateur de transport public.

Les conducteurs veulent des masques. La visite à Chelles de la présidente de Région, Valérie Pécresse, venue offrir 12.000 masques destinés à l’hôpital de la ville au maire, Brice Labaste, avait ému les salariés de la STBC, qui s’étaient sentis ignorés. Ils avaient même pointé la responsabilité de la présidente d’Île-de-France Mobilités. Lundi 6 avril, le maire de Brou-sur-Chantereine, Antonio de Carvalho, a fait don de 150 masques aux représentants des salariés de la STBC. Face à l’augmentation des malades et des morts du Covid-19 dans le secteur des transports publics, les syndicats ont également fait part de leurs préoccupations, y compris à la RATP. Selon des représentants syndicaux cités par le Parisien, l’État a réquisitionné 1,5 million de masques détenus par la RATP pour les distribuer aux soignants. Et il faudrait 450.000 masques pour protéger l’ensemble des agents RATP au contact du public. Les opérateurs s’en remettent aux consignes ministérielles et au manque de masques, à l’image de Transdev : «En ce qui concerne les masques, le ministère des Transports n’a pas – à ce stade – appelé à distribuer cet équipement (au demeurant non disponible dans les quantités nécessaires) aux conducteurs. Nous respectons toutes les consignes de l’arrêté ministériel, mais nous comprenons que les salariés puissent s’inquiéter et que les choses puissent évoluer. Nous attendons des livraisons de masques, initialement prévues pour la période de déconfinement.» Valérie Pécresse, de son côté, a demandé à ce que l’État donne son feu vert aux régions les plus touchées pour distribuer des masques aux agents des transports publics.

S. G.

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