Gratuité des transports: de nouveaux Etats seraient prêts à basculer

Selon Karima Delli, présidente de la Commission Transports au Parlement européen, plusieur Etats devraient adopter la gratuité l'an prochain.   © DR
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Marc Fressoz

Un mouvement de fond? La gratuité des transports publics pourrait bien faire tache d’huile en Europe, selon Karima Delli, la présidente (EELV) de la Commission Transports du parlement européen. Auditionnée le 25 septembre à Paris par les députés de la Commission du développement durable, elle a indiqué que le Parlement européen a lancé une étude «pour savoir où sommes nous sur les transports gratuits». En toile de fond, l’idée qu’il s’agit d’un levier pour réduire la place de l’automobile. «L’Estonie a lancé une expérimentation sur sa capitale qui a extrêmement bien marché au point que [c’]est le premier pays ou les transports publics sont gratuits», a-t-elle rappelé avant de livrer son «scoop»: «D’autres pays vont l’adopter l’année prochaine», selon elle. Interrogée après l’audition, elle n’a pas voulu préciser lesquels, afin de respecter les élus des Etats en question. Outre l’Estonie, le Luxembourg a déjà franchi le pas.

Le Sénat mesuré. «La gratuité, mais à quel prix ?» s’interroge le Sénat dans un rapport publié le 26 septembre. Ce n’est «ni une fausse, ni une bonne idée en soi», juge la Commission du Développement durable. Elle a certes un «impact social important» mais entraine «un report modal difficile à mesurer» et «un impact écologique difficile à évaluer». Si l’exemple de Dunkerque montre qu’elle n’est pas réservée aux petits réseaux, elle est hors de portée en Ile-de-France et à Paris. En cause, la saturation des réseaux et l’«équation financière forcément très difficile» vu le niveau des investissements. Au final, «la gratuité totale est possible lorsque la demande est inférieure à l’offre de transports», mais les sénateurs lui préfèrent «une tarification solidaire fine», tout en prônant l’inclusion des territoires ruraux dans les réflexions sur la gratuité. But: éviter de renforcer la fracture territoriale au risque d’alimenter la crise des Gilets jaunes.

M. F.

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