Ile-de-France : le T11 relance le débat sur la productivité à la SNCF Stratégie Territoires

Le tram-train sera exploité par Transkeo, une filiale de Keolis, avec des salariés non cheminots.   © DR
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La rédaction

Filiale privée. La prochaine mise en service du tram-train T11, qui relie la gare du Bourget à celle d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) relance le débat sur les conditions de production dans le secteur ferroviaire. En effet, cette ligne doit être exploitée à compter du 1er juillet par une filiale de la SNCF, Transkeo, détenue par Keolis et SNCF Participations. Transkeo a recruté 90 salariés, dont 70 conducteurs, qui seront également chargés l’information clients et de la vente de titres de transports. La convention collective qui s’applique est celle de la branche ferroviaire, et non l’accord d’entreprise signé l’an dernier à la SNCF. Jeudi 4 mai, lors d’un comité central de la SNCF, la CGT, l’Unsa, SUD et la CFDT ont voté contre les conditions d’exploitation du tram-train T11, et les syndicats ont accusé la SNCF de pratiquer un « dumping social maison ». Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien, conteste ces mises en cause, et rappelle que la convention de branche a été « négociée et validée par les organisations syndicales ». Hors éléments variables, les niveaux de salaires proposés par Transkeo s’établissent à 17% au-dessus du SMIC (67% en comptant les éléments variables). Certaines dispositions, comme le 13e mois de salaire et la majoration de 30% pour le travail de nuit ou le dimanche, vont d’ailleurs au-delà de la convention collective.

Polycompétence. Transkeo affiche des coûts de fonctionnement inférieurs de 40% à ceux d’une ligne Transilien, en partie grâce à la polycompétence demandée aux salariés. Selon les estimations généralement avancées, la productivité sur les lignes TER SNCF serait inférieure de 30% à celle des trains régionaux en Allemagne, où l’ouverture à la concurrence a fait baisser les coûts de fonctionnement, et par conséquent le niveau des subventions versées par les pouvoirs publics. En septembre 2016, Franck Lacroix, directeur général du TER, avait présenté l’accroissement de la productivité comme une des priorités de son programme d’optimisation.

Sandrine Garnier

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