La crise devrait ralentir la croissance de Keolis en 2009 Pratique et ressources Stratégie

  © Michel Bleitrach, président du directoire de Keolis © DR
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La Rédaction

La crise commence à gripper les rouages de Keolis, la filiale de transport routier de voyageurs de la SNCF. Le premier opérateur privé français de transport public anticipe une croissance de 4% de ses revenus en 2009, contre 15% en 2008. Il étudie de près le marché des TER, qui doit à terme, être ouvert à la concurrence.

Tout allait pour le mieux pour Keolis en 2008 : pour la 7ème année consécutive, la filiale de transport routier de voyageurs de la SNCF a connu une forte croissance. Son chiffre d’affaires a progressé de 12% pour atteindre 3,17 milliards d’euros, l’Ebitda (équivalent de l’excédent brut d’exploitation) atteint 19,3%, à 230 millions. Le résultat opérationnel courant est de 20,6%, à 144 millions.


Coup de frein en 2009

Mais pour 2009, le coup de frein devrait être brutal. Le ralentissement économique n’épargne pas le leader du transport public urbain en France qui constate, comme ses concurrents (Veolia Transport ou Transdev), un recul sensible du nombre des déplacements. « Les choses ont changé depuis janvier 2009, et nous connaissons sur les deux premiers mois de l’exercice un fléchissement de la fréquentation, de -2 % à -3 % », explique Michel Bleitrach, le président de Keolis.

Keolis table sur un chiffre d’affaires annuel de 3,3 milliards d’euros, en progression de seulement 4,1% par rapport à 2008 (dont 44% réalisés à l’international). Le chiffre d’affaires de 2009 devrait pourtant connaître une poussée, avec l’intégration des parkings d’Effia qui ont généré 120 millions d’euros de revenus en 2008.


Nombreux renouvellements d’appels d’offres

L’année 2009 sera aussi marquée par le renouvellement d’appels d’offres pour de nombreux contrats en France, et à l’étranger. « Au total, d’ici à fin 2010, ces appels d’offres vont représenter environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour Keolis », précise Michel Bleitrach.

Environ 30% des délégations de service public dans l’urbain ont changé de mains au cours des trois dernières années, contre 5% auparavant, et une trentaine de réseaux urbains sont en renouvellement en 2009. La concurrence est rude – y compris à l’interurbain – et le nombre de recours juridiques se multiplient, témoigne le dirigeant de Keolis.
Dernier en date, la bataille juridique en cours pour le réseau de transport de Bordeaux. Keolis attend dans les prochaines semaines l’avis du Conseil d’Etat sur ce contrat de 5 ans remporté en novembre 2008 mais, contesté en justice par Veolia Transport et la Deutsche Bahn depuis près de 5 mois.


Prochaine bataille : les TER

En France, Keolis braque ses objectifs vers l’après-2010 avec l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional, pour l’instant chasse gardée de sa maison mère, la SNCF. « Le jour où les TER seront ouverts à la concurrence, la SNCF perdra un pourcentage du marché. Nous travaillons à des offres alternatives qui allieraient routier et ferré », anticipe le patron de Keolis. Un horizon pas très dégagé puisqu’on ne connait toujours pas la date réelle de cette libéralisation pourtant voulue par les textes européens…

Lire notre précédent article sur le rachat des actifs d’Effia par Keolis

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