La Défense met fin au test de navette autonome Produits Stratégie

"La vitesse de circulation de la navette n'a pas réussi à progresser et donc à rendre le service attractif." (Paris La Defense)   © GH
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Grégoire Hamon

Attrait émoussé. Le 3 juillet 2017, Valérie Pécresse, présidente d’Ile de France Mobilités (IDFM) et de la région Ile-de-France inaugurait avec un aréopage d’invités une navette autonome destinée à circuler sur le parvis de La Défense. «Cette expérimentation, inédite à l’échelle mondiale, va permettre de donner une image innovante de l’Ile de France, en phase avec notre objectif d’en faire la première région smart», avait-elle déclaré. L’objectif de l’expérimentation était double: proposer une solution de mobilité interne au quartier et faire progresser la technologie des véhicules autonomes, en la testant dans un environnement très dense aux nombreux flux (piétons, vélos, véhicules techniques…) avec comme objectif ultime le passage en «full autonome», c’est-à-dire sans opérateur à bord. Mené en partenariat avec Ile-de-France Mobilités, Keolis et le constructeur Navya, le service a été proposé de juillet 2017 à mai 2019. Deux ans plus tard, l’heure est à la désillusion. Dans un communiqué, Paris La Défense, gestionnaire du quartier d’affaires, indique qu’il ne souhaite pas reconduire l’expérimentation, dont le bilan global «n’est pas satisfaisant». Après un début prometteur les six premiers mois, avec «plus de 30.000 voyageurs, dont 97% de satisfaits et 88% ayant l’intention de réutiliser la navette», l’expérience a subi six mois d’arrêt, suite à un incident technique. Ensuite, l’attrait s’est émoussé au point de ne plus séduire que 11.865 voyageurs sur la deuxième année d’exploitation.

Besoin de véritables missions. «Dans l’ensemble, l’exploitation du service a été complexe en raison de difficultés liées à la connexion (effet de «canyon urbain» à la Défense du fait de la hauteur des tours)», souligne Paris La Défense tout en expliquant que la technologie «n’a pas su s’adapter aux mutations de l’environnement urbain». La dalle de la Défense accueillant de très nombreuses animations, des travaux, et donc une variété des flux de circulation particulièrement complexe (piétons, cyclistes, trottinettes, véhicules d’entretien). «D’autre part, l’objectif de passage en « full autonome » n’a pas abouti. Enfin, la vitesse de circulation de la navette n’a pas réussi à progresser et donc à rendre le service attractif», égrène Paris La Défense. Il faut préciser que cette expérimentation avait surtout pour but de tester la navette dans un environnement complexe, et nul doute que les partenaires ont beaucoup appris. Toutefois, il est possible de s’interroger sur le service rendu. S’il s’agit de transporter des cadres dynamiques sur un parcours qu’ils traversent plus vite à pied ou en trottinette, la navette ne sert effectivement pas à grand chose. Mieux vaut dédier ces véhicules à des populations ciblées (handicapées, personnes âgées) ou bien sur des itinéraires où ils apportent un service ajouté avec une vitesse concurrentielle par rapport à la marche. Les fabricants français de navettes, Navya au premier titre, mais aussi EasyMile et Lohr, ont besoin de positionner leurs véhicules sur de véritables missions, au risque de voir leur avenir sérieusement limité.

G. H.

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