La France et l’Allemagne alliées pour l’Airbus de la batterie Produits

Centre R&D chez BASF, l'un des possibles partenaires d'un futur consortium européen dédié aux batteries électriques.   © BASF
Actualites

Les Industriels

Grégoire Hamon

Trois ans pour produire des batteries. Souvent évoqué, l’Airbus des batteries pourrait enfin prendre forme avec l’accord conclu le 18 décembre dernier entre la France et l’Allemagne. Afin d’encourager la création d’une filière de production de batteries européennes pour les véhicules électriques, les deux pays veulent obtenir le feu vert de la Commission pour financer un ou plusieurs consortiums d’industriels. Les deux pays entendent produire d’ici 2022 des batteries dites de 4e génération en Europe, afin de s’affranchir de la mainmise des fabricants asiatiques, actuels leader du marché des batteries de 3e génération. «A partir du moment où 60 % de la valeur d’une voiture électrique se situe dans le système de navigation et les batteries, il ne restera pas grand-chose en Europe si les premiers viennent des États-Unis et les secondes sont asiatiques», souligne Bruno Lemaire, ministre de l’Économie français. Avec son homologue allemand, il se donne jusqu’à la fin du premier trimestre 2019 pour identifier une liste de consortiums qui pourraient construire cette industrie. Ils soumettront cette liste à la Commission européenne afin de leur octroyer le statut d’IPCEI (Important Projects of Common European Interest).

Aides d’État. Le statut d’IPCEI permet de contourner les règles communautaires en termes d’aides d’État. Ainsi, le consortium construit par Saft (filiale de Total) qui comprend des partenaires comme Siemens, Solvay ou Manz, pourrait bénéficier de ce statut. BASF a également fondé un consortium avec Varta et Ford. À Bercy, on estime que l’industrie des batteries doit nécessairement passer par des aides d’État, puisque celles-ci sont largement subventionnées en Chine. L’Allemagne s’est engagée à débloquer une enveloppe d’un milliard d’euros jusqu’en 2022 pour financer ces projets. La France, elle, n’a pas encore chiffré son engagement financier, mais réfléchit à puiser dans le grand fonds de l’industrie et l’innovation (10 milliards d’euros de budget) ou dans le programme des investissements d’avenir, rapporte La Tribune.

G. H.

Message

Veuillez vous identifier pour laisser un commentaire, cliquez ici pour vous identifier

  • Il n'y a pas de commentaire sur cet article. Soyez le premier à réagir.