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La Haute-Garonne mise sur la grande vitesse pour les cars

Fort d’un retour en grâce des transports interurbains auprès de la clientèle, le conseil général de Haute-Garonne a lancé des lignes d’autocars plus rapides que les services classiques. Des LGV pour les cars, une voie d’avenir ?

Lancées par le conseil général de Haute-Garonne, les lignes d’autocars « Hop » sont plus rapides que leurs homologues classiques. Avec moins d’arrêts, elles empruntent les autoroutes et la rocade de Toulouse et s’arrêtent aux terminus du métro, pour éviter de rentrer en ville.

La première ligne du genre, lancée en septembre 2008 entre Villemur-sur-Tarn et Toulouse (au terminus Borderouge de la ligne B du métro,) met 50 minutes pour faire le trajet contre 1 heure 15 pour la ligne classique. « C’est une sorte de LGV pour les bus », explique Pierre Izard, le président du conseil général.

Les lignes Hop fonctionnent aux heures de pointe, en 24 services de 6h à 9h30 et de 16h à 20h. Le résultat ne s’est pas fait attendre : alors que les lignes traditionnelles transportent 2 000 personnes par mois, la première ligne Hop a très vite atteint 7 000 passagers. Elle est même saturée aux heures de pointe. « Entre Fronton et Toulouse, 80 personnes se présentent chaque matin à 6h45, témoigne Laurent Delrue, directeur des transports au conseil général. Nous avons donc dû doubler la ligne au départ de Fronton depuis septembre. »


Un concept qui se développe

Devant le succès, l’expérimentation des lignes Hop, inscrites dans le schéma directeur des transports adopté en juin 2009 et qui entrera en vigueur en septembre 2010, est donc poursuivie et développée. Début janvier 2010, deux nouvelles lignes Hop ont été lancées : la ligne Grenade-Toulouse, exploitée par la régie interdépartementale, et la ligne Nailloux-Toulouse, exploitée en délégation de service public. Le choix de ces lignes a été fait en fonction du besoin remonté par les élus locaux et par l’absence de lignes ferroviaires.

Grenade-Toulouse dessert Castelnau-D’Estretefonds, dont la plateforme logistique Eurocentre emploie 1 200 personnes, et rejoint en 35 minutes le terminus nord de la ligne B du métro à Borderouge. La deuxième ligne Nailloux-Toulouse rejoint quant à elle le terminus sud de la ligne B du métro à Ramonville, avec les mêmes caractéristiques horaires que les deux autres : 24 services entre 6h et 9h30, 16h et 20h.


Une clientèle particulière

La sociologie des passagers des lignes Hop est très différente des autres lignes : alors que les lignes classiques transportent 75% de scolaires, la ligne Hop Villemur-Toulouse a 50% d’actifs. Ces lignes touchent beaucoup de salariés qui préfèrent laisser leur voiture pour des raisons de budget. La modification/simplification tarifaire mise en place en juillet 2009 n’est pas étrangère au phénomène : désormais le ticket une zone est à 2 euros (1,40 euros par 10) et le ticket 2 zones à 3 euros (21 euros par 10), tandis que l’abonnement mensuel une zone est à 31 euros et le 2 zones à 47 euros.

Entre juillet et fin août 2009, le nombre d’abonnements a grimpé de 50% pour atteindre le chiffre de 1 300. Autre atout : la carte Pastel qui permet désormais de charger sur le même support les abonnements urbains et interurbains. « Les gens sont acquis à la carte Pastel, au billet à 2 euros  et à l’intermodalité avec le métro », affirme Pierre Izard dont l’objectif, tel qu’indiqué par le schéma départemental des transports, est de doubler la fréquentation du réseau interurbain d’ici 2020.

En 2010, 1,2 million d’euros seront consacrés aux lignes Hop sur les 18 millions attribués au réseau interurbain.