L’Allemagne va investir 1 milliard d’euros pour produire des batteries électriques Produits Stratégie

Pour ses batteries, BMW fera appel au chinois CATL (ici un modèle i3).   © BMW
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Les Industriels

Grégoire Hamon

Couvrir 30% de la demande mondiale. L’Allemagne ne souhaite pas que ses constructeurs automobiles dépendent exclusivement des batteries asiatiques pour leurs modèles électriques. BMW a par exemple signé un contrat d’approvisionnement en batteries pour près d’un milliard d’euros avec le chinois CATL, qui a prévu d’ouvrir d’ici 2022 en Allemagne une première usine de cellules pour le marché européen. Bien décidé à ne pas créer une situation de dépendance, l’État allemand a décidé de subventionner la production de batteries à hauteur d’un milliard d’euros, avec de premiers investissements dès le début de l’année 2019. C’est ce qu’a indiqué mardi 13 novembre le ministre de l’Économie, Peter Altmaier, lors d’une conférence sur l’electromobilité. Il s’agit de jeter les bases d’une production de la batterie à grande échelle en Europe, avec un début de production à l’orée de l’année 2021. «Nous souhaitons, d’ici 2030, couvrir 30% de la demande mondiale en batteries par une production allemande et européenne. L’Allemagne relève le défi», a déclaré le ministre après une rencontre avec Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, chargé de l’Union de l’énergie. Ce dernier plaide depuis de nombreux mois pour la création d’un «Airbus de la batterie», jugeant que «l’ampleur et la rapidité des investissements demandés sont tels qu’aucun acteur de l’industrie ou pays européen ne peut les prendre en charge». M. Sefcovic estime que le marché européen des batteries pourrait atteindre 250 milliards d’euros par an à partir de 2025.

Des résultats concrets pour 2018-2019. «Plusieurs» consortiums d’entreprises européennes sont en train de se former, a affirmé M. Altmaier, évoquant «un grand intérêt» chez les voisins de l’Allemagne, notamment en France, en Pologne, aux Pays-Bas et en Autriche. Des premiers résultats concrets de ces discussions sont attendus «fin 2018 ou début 2019», a-t-il ajouté. L’alliance nouée entre le français Saft (filiale de Total), le belge Solvay et les allemands Siemens et Manz entend ainsi commercialiser une nouvelle génération de batterie lithium-ion en 2020. «Nous n’allons probablement pas gagner la course aux batteries les moins chères, mais celle des meilleures batteries n’est pas encore lancée, et nous y nous lançons», a déclaré M. Altmaier.

G. H.

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