Le gouvernement échoue à faire émerger des MaaS régionaux du premier coup

La mise en place d'un bouquet de services numériques pour faciliter la mobilité à l'échelle régionale est un chemin tortueux.   © DR
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Marc Fressoz

Pas de financement. Votre projet «n’a pas été retenu pour financement» : Hauts-de-France, Centre Val de Loire et Bourgogne Franche-Comté, qui avaient chacune constitué un groupement en vue d’expérimenter durant 36 mois des MaaS à l’échelle régionale, ont reçu début novembre cette réponse négative de l’Ademe. «Cela va faire partie des échanges avec les candidats mais a priori il va falloir relancer une nouvelle démarche», annonce Yann Tréméac, chef adjoint du service Transport et mobilité de l’agence. «Les solutions proposées ne garantissent pas des MaaS interopérables, justifie-t-il, chacun risquant de développer son système de son côté.» Selon nos information, d’autres collectivités (deux autres régions ainsi que des métropoles) avaient également répondu à l’appel à projet enclenché en octobre 2018 par l’Agence, qui dépend du ministère de l’Ecologie. Mais elles n’avaient pu franchir les éliminatoires. Après une série d’auditions, chaque qualifié pouvait espérer un soutien d’au moins 1,5 million d’euros venus du Programme d’investissements d’avenir. But: monter avec d’autres AOM et des partenaires technologiques, un bouquet de services numériques destiné à offrir aux voyageurs un parcours sans couture d’un mode de transport à l’autre.

Cafouillage étatique. La déception est grande chez les régions car le ministère de l’Ecologie s’était empressé avant le vote de la LOM, de vouloir concrétiser la volonté d’Élisabeth Borne de développer des services numériques, une mesure phare de son texte. Le gouvernement a-t-il mis la charrue avant les bœufs? «La démarche n’était pas prématurée», estime Yann Tréméac, qui se plie en tout cas au changement de méthode de l’Etat. «Le ministère avec la DGITM a monté des groupes de travail qui vont définir des communs entre MaaS. Doivent-ils être développés de manière commune ou interopérables, c’est trop tôt pour répondre», ajoute-t-il.  Pour les régions, la raison de ce plantage est ailleurs. «C’est du côté du système de financement beaucoup trop complexe qu’il y a un bug», avancent-elles. Sachant que l’Etat vient de perdre un an et qu’il aurait fallu deux ans pour déployer ces Maas régionaux, l’horizon de leur déploiement semble s’éloigner. 

M. F.

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