Le gouvernement organise le Yalta entre TGV et avion pour les dessertes de moins de 2h30

Avant la crise de 2008, Air France avait étudié avec Veolia Transport le projet d'exploiter des TGV reliant les aéroports desservis par LGV   © DR
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Marc Fressoz

Le TGV sans concurrent? A toi les liaisons intérieures de moins de 2H30. C’est le sens du partage des rôles entre Air France et la SNCF. Il résulte de la crise du Covid qui a eu un effet économique ravageur sur Air France-KLM acculé à devoir réduire la voilure. Pour les vols nationaux assurés par Air France, «la capacité va être réduite de 40% sur la période d’ici à 2021, avec la fermeture de destinations, lorsqu’il y a une alternative ferroviaire à moins de 2h30 et lorsque ce service n’alimente pas le hub de Roissy-Charles-De-Gaulle», a annoncé le PDG du groupe, Benjamin Smith, le 27 mai. De son côté, Easy Jet, deuxième compagnie aérienne en France, elle-même en difficulté, affirme à ce stade ne pas avoir l’intention d’occuper le vide laissé par son concurrent. Concrètement, pour éviter une concurrence frontale sur les liaisons intérieures où Air France a perdu 200 millions d’euros, la compagnie aérienne et ses filiales pourraient laisser le monopole au TGV sur des liaisons comme Paris Bordeaux, Paris Nantes, Paris Lyon. Paris-Strasbourg et Paris-Rennes figurent aussi dans le registre des villes reliées en moins de 2h30.

L’Etat à la manœuvre. Le gouvernement profite de la crise pour rebattre les cartes de la répartition modale pour la desserte du territoire. En échange d’un soutien financier de 7 milliards d’euros dont sa garantie à 90% sur un prêt de 4 milliards, il a oblige Air France à revoir son réseau. Outre la rentabilité et la répartition modale, l’autre objectif concerne le développement durable. Air France s’est en effet engagé à réduire ses émissions de CO2 de 50% sur ses vols domestiques au départ d’Orly et de région à région à horizon 2024 par rapport à 2019. Pour la SNCF, ce sera un bol d’air avec un effet probable sur le taux de remplissage des TGV et peut-être la tentation de hausses de tarifs. En attendant, l’entreprise ferroviaire continue de souffrir à cause de la capacité limitée de ses trains. Mais le gouvernement doit prochainement revoir la règle qui oblige celle-ci condamner un siège de train sur deux depuis avril.

M. F.

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