Le retrofit électrique en bonne voie

La conversion de 1% du par de véhicules thermiques à l'électrique pourrait générer un volume d'activité de plus de 5 milliards d'euros en France.  
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Grégoire Hamon

Véhicules thermiques de plus de 5 ans. À partir du 1er trimestre 2020, il sera possible de rouler avec un véhicule thermique (essence ou diesel) de plus de 5 ans transformé en électrique par un professionnel du rétrofit. La conversion d’un véhicule thermique à l’électricité, pratique jusqu’alors interdite en France, devrait être autorisée avant la fin du mois de février, si l’on en croit l’association AIRe (Acteurs de l’industrie du rétrofit électrique). Cette association, qui regroupe une dizaine d’acteurs, négocie depuis plus d’un an avec l’État pour faire évoluer la réglementation, avec l’aide de plusieurs parlementaires. Ce travail a abouti à la rédaction d’un projet d’arrêté que la France a soumis à la Commission européenne en décembre dernier. La réponse est attendue courant février et l’arrêté devrait entrer en vigueur dans la foulée, comme c’est déjà le cas en Italie par exemple. La mesure concerne l’homologation des véhicules «rétrofités», qu’il s’agisse de deux-roues, de voitures, d’utilitaires, de camions ou de bus de plus de 5 ans (les véhicules de collection ou agricoles sont exclus du dispositif). «Cette nouvelle réglementation permettra de créer une véritable filière industrielle du rétrofit en France, à batteries mais aussi à l’hydrogène», se réjouit-on à l’AIRe.

Objectif: 65.000 véhicules en 5 ans. Le coût du procédé réserve pour l’instant cette option aux clients capables de consacrer entre 10.000 et 25.000 euros à l’électrification de leur voiture, bien que les acteurs de cette nouvelle filière promettent de faire baisser les tarifs à 5.000 euros pour les plus petites voitures (aides déduites). Le retrofit pourrait intéresser les transporteurs de voyageurs ou de marchandises, qui ne manqueront pas d’être sollicités pour électrifier une partie de leur parc roulant (pour un prix qui sera toujours plus intéressant que l’acquisition d’un véhicule électrique neuf). Selon l’association, AIRe, cette solution pourrait générer un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros pour 65.000 véhicules transformés sur 2020-2025, en mobilisant près de 5.500 emplois directs et indirects : «En rétrofitant 1% du parc automobile total français (VP et VU confondus), soit près de 400.000 véhicules, l’activité engendrerait un volume d’affaires de plus de 5 milliards d’euros dont 1,3 milliard pour les seules batteries (d’où l’intérêt d’un Airbus de la batterie en Europe !) et maintiendrait ou créerait plus de 42.000 emplois directs ou indirects».

G. H.

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