Les transporteurs veulent remettre des papys au volant des autobus Politique et réglementations Stratégie Territoires

  © La RATP recherche des conducteurs pour ses filiales © N. A.
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La Rédaction

La RATP courtise ses conducteurs fraîchement partis à la retraite pour rempiler dans ses filiales en France ou même à l’étranger. Autre transporteur public, Keolis, a eu la même idée, finalement abandonnée. Les syndicats voient rouge.

Fin février 2009, la société de transport de voyageurs Keolis, exploitant du réseau de bus d’Angers, a invité ses conducteurs à la retraite depuis moins de deux ans, à reprendre le volant. Une initiative « exceptionnelle et temporaire ». Raison invoquée par la direction : le casse-tête du tableau de service. Avec l’épidémie de grippe, beaucoup de conducteurs étaient en arrêt maladie et les chauffeurs ne pouvaient pas partir en congé pour les vacances de février.

Keolis, filiale de la SNCF, a finalement renoncé à metre des papies au volant. Mais la RATP a repris l’idée. Selon l’AFP, la régie aurait envoyé récemment quelques dizaines de lettres à des retraités de l’établissement public pour leur proposer de travailler dans ses filiales pour des missions de courte durée.

 

Un retraité de la RATP scandalisé

Dans un courrier dont l’AFP a obtenu une copie, adressé à un ancien conducteur de bus retraité, la RATP écrit : « Vous avez quitté la RATP depuis quelques temps. Nous vous proposons de poursuivre votre activité professionnelle comme conducteur de voyageurs pour des missions de courte durée en Ile-de-France dans nos filiales ». Le destinataire a déclaré à l’AFP être « scandalisé » par cette missive.

Pour la RATP, « l’idée est de valoriser les compétences et les savoir-faire, principalement pour des postes d’ingéniérie et de machinistes », a expliqué un porte-parole. « Quelques dizaines de lettres ont été envoyées très récemment et pour la première fois » et « pour l’instant, on attend des retours », a-t-il ajouté.

« Cela s’inscrit dans la politique de développement en Ile-de-France et hors de cette région pour le groupe RATP puisqu’il s’agit de nos filiales », a indiqué le porte-parole en précisant que « cela peut aussi concerner des projets à l’étranger ».


Les filiales de la RATP concernées

Selon la RATP, les filiales concernées peuvent être Open Tour (lignes de bus touristiques à Paris), le Trans Val de Marne, la société Giraux (bus dans les Yvelines), Titus (réseau intercommunal à Rosny-sous-bois) et d’autres. Au total, les filiales de la RATP emploient
1 400 personnes, tandis que la RATP elle-même compte 44 350 salariés.

« Cela ne remet pas en cause le recrutement des jeunes et il n’y a pas pénurie de candidatures puisque nous en recevons 60 000 par an pour 2 000 à 3 000 recrutements », a également indiqué le porte-parole de la RATP.

Selon Jacques Eliez, délégué CGT, « les organisations syndicales n’ont à l’évidence pas été consultées à ce sujet, mais sur le principe nous sommes opposés, ce n’est pas en embauchant des retraités que l’on va lutter contre le chômage ».

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