Les trottinettes d’Uber suspendues à Los Angeles pour refus de partage de données

Los Angeles souhaite avoir accès aux données de localisation en temps réel des engins, ainsi qu'à l'historique des trajets.   © Uber
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Grégoire Hamon

Données de localisation. Aux États-Unis, les villes commencent à se rebiffer contre les acteurs des nouvelles mobilités qui s’arrogent le pouvoir d’opérateur privé. Ainsi, Los Angeles vient de suspendre l’autorisation dont bénéficiait Jump, filiale d’Uber, pour proposer des vélos et trottinettes électriques en libre-service dans la ville, au motif que l’entreprise a refusé de respecter les règles en matière de partage de données. La suspension, temporaire, pourrait amener la municipalité à saisir les engins en free-floating. «Les spécifications de nos permis sont importantes, afin que nous puissions assurer la sécurité et la qualité de vie de nos quartiers, tout en nous assurant que les opérateurs respectent bien les règles. Sur 8 opérateurs, Jump est le seul qui ne soit pas en conformité», a déclaré au Guardian Colin Sweeney, porte-parole du département des transports de Los Angeles (LADOT). La ville souhaite avoir accès aux données de localisation en temps réel des engins, ainsi qu’à l’historique des trajets, afin de vérifier que les opérateurs ne dépassent pas leurs quotas de véhicules autorisés, et si ces derniers sont équitablement répartis, surtout dans les quartiers moins favorisés.

Respect de la vie privée. Dans un communiqué, Uber justifie son refus en invoquant le respect de la vie privée. Selon l’entreprise, qui se présente comme le leader de la mobilité, le partage des données peut compromettre les attentes des clients en matière de confidentialité et de sécurité. «Des experts indépendants en protection de la vie privée ont clairement et à maintes reprises affirmé que la géolocalisation d’un client était une information personnellement identifiable», argumente l’entreprise qui a décidé d’attaquer la ville en justice. Cette affaire va envenimer un peu plus ses relations avec les autorités de Californie. L’État qui l’a vu naître a en effet voté début juin une loi particulièrement défavorable pour les entreprises de VTC, visant à requalifier les chauffeurs indépendants en salariés.

G. H.

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