Les VTC draguent le marché du transport sanitaire Pratique et ressources Stratégie

En France, le transport sanitaire représente 70 millions de trajets par an.   © platinum-transport.fr
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Capucine Moulas

Dans une lettre ouverte adressée aux maires de France, Yanis Kiansky, Pdg de la société Allocab dédiée aux véhicules de transport (ou tourisme) avec chauffeur, demande aux pouvoirs publics d’ouvrir le marché du transport de patients aux VTC. Les transporteurs réagissent.

C’est un lourd pavé que Yanis Kiansky, Pdg d’Allocab, a jeté dans la marre. Dans une lettre ouverte, parue aujourd’hui, 24 novembre, dans Le Figaro, signée de sa main et adressée « aux maires de France », il demande « solennellement aux pouvoirs publics de permettre aux voitures de transport avec chauffeur (VTC) de contribuer au transport de patients assis, dans les mêmes conditions que les taxis ».

Marché verrouillé

Historiquement, le transport sanitaire que se partagent les taxis et les sociétés d’ambulances, est chasse gardée. Pour convaincre les élus d’élargir ce champ concurrentiel, Yanis Kiansky agite l’argument économique. « Les dépenses [remboursées par l’Assurance maladie] sont passées de 2,3 milliards d’euros en 2003 à quatre milliards d’euros, soit bientôt la moitié du déficit de la branche maladie », calcule le dirigeant. Il ajoute que « les dépenses de taxis ont triplé en passant de 500 millions à 1,5 milliard d’euros » sur la même période, « soit un rythme encore plus rapide ».

Estimant que l’arrivée des VTC sur ce marché permettrait de faire baisser « au minimum de 10% les coûts de prise en charge par l’assurance maladie », le patron d’Allocab ne manque pas de rappeler que le transport de patients pèse 70 millions de trajets par an, pour un public de 5,5 millions de personnes. Autrement dit, l’équivalent annuel de l’activité d’une agglomération de la taille de Grenoble.

Taxis, ambulances, VTC, transporteurs : qui aura la couette ?

Le transport sanitaire n’est pas une ambition nouvelle. Interrogé par Bus & Car, Vincent Dumoulin, vice-président du syndicat Première Ligne dédié au transport par véhicules de moins de neuf places, et chargé de la communication chez Vortex, l’un des groupes leaders du secteur, soutient : « Ouvrir le marché est évidemment une bonne chose, notamment sur le plan économique pour les pouvoirs publics ».

Il nuance cependant : « Si les VTC y ont accès, alors pourquoi pas nous ? Nous avons une pleine légitimité à opérer sur le transport de malades. Nous avons le maillage territorial, la capacité organisationnelle, nos chauffeurs sont formés, nos véhicules adaptés ». Confiant, il augure même une meilleure compétitivité dans le cadre d’appels d’offres. Face aux 10% d’économies sur le budget de l’assurance maladie que promet Yanis Kiansky, le porte-parole de Première Ligne réagit : « Je pense que l’on peut faire le double, au minimum ». Décidés à « se rapprocher des pouvoirs publics », les « moins de neuf places » n’ont pas l’intention de rester passifs.

Pour consulter la lettre ouverte de Yanis Kiansky, Pdg de Allocab : cliquer ici.

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