Liaison en car Rennes-Nantes : la FNTV accentue la pression Pratique et ressources Stratégie

Il ne faudrait qu'environ une heure pour relier en autocar express Rennes à Nantes.   © © DR
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Hubert Heulot

L’expérience d’une liaison rapide en autocar entre Rennes et Nantes connaît du retard à l’allumage en dépit des promesses des élus, qui préfèrent miser sur les projets ferroviaires. Les autocaristes de la FNTV Bretagne tentent de les convaincre.

« On examine le dossier avec les collectivités d’ici la fin 2011. Après, s’il faut passer à autre chose, on le fera ». Sept mois après avoir obtenu un accord de principe de la région Bretagne, pour lancer une expérience de liaison rapide par car entre Rennes et Nantes, capitale de la région voisine des Pays de la Loire, la FNTV Bretagne hausse (un peu) la voix.

Qu’est-ce qui nous empêcherait de lancer un projet purement privé : créer une association, et n’embarquer à bord que les membres, avec une plateforme de réservations sur Internet ? », lance Philippe Plantard, secrétaire général de la FNTV Bretagne.

Une forte demande des autocaristes

« Ce projet correspond à l’aspiration forte de l’ensemble de la profession autocariste de prendre une place plus grande dans le transport public », confirme Patrick Groussin, président de la FNTV des Pays de la Loire.

La liaison Nantes-Rennes possède des caractéristiques idéales pour tenter des travaux pratiques. Une centaine de kilomètres de voies rapides sépare les deux villes. Les cars iraient d’une station de métro à Rennes à un quai de tramway à Nantes, en environ une heure.

Elle pallierait le manque de trains existant entre les deux villes. Ceux qui existent (faisant un crochet par Redon) couvrent la distance en 1 h 15. Dans l’idée de ses promoteurs, le car pourrait, après une expérience qui devrait être réussie, circuler entre les deux capitales régionales tant qu’aucun train ne les relie.

La concurrence des projets ferroviaires

Là est toute la difficulté « politique » du dossier. Les collectivités, les deux régions et les deux départements (Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique) réclament la construction d’une ligne ferroviaire directe entre les deux villes pour desservir le nouvel aéroport (transfert de celui de Nantes) qui ouvrira en 2017. Cela risque d’attendre au moins 2025. Entre-temps, pour le moyen terme, elles veulent obtenir la desserte de l’aéroport au départ de Nantes par un embranchement sur un tram-train passant à l’Ouest, entre Nantes et Châteaubriant à partir de 2013.

« En attendant, il y a un besoin entre les deux villes. Il est inconcevable de ne pas utiliser un moyen de déplacement routier sur des routes. Un moyen de transport deux fois moins cher que le fer », insiste Philippe Plantard. Mais certains élus ont peur d’affaiblir leurs propres projets de trains. « Je n’y suis pas très favorable parce que cela va concurrencer le train », glisse Gilles Bontemps, vice-président aux transports de la région des Pays de la Loire. Son homologue breton, Gérard Lahellec, reste en faveur du car.

Une réunion, prévue au départ en juin 2011, doit donc réunir bientôt les deux régions, les deux départements qui ont déjà des cars positionnés sur l’axe entre les deux villes et les deux FNTV. A l’origine, l’appel d’offres devait être lancé en 2011 pour un démarrage de la ligne en 2012. « La situation devient assez urgente, reconnaît Gérard Lahellec, parce que les grands axes de circulation commencent à être saturés aux abords des deux agglomérations. L’offre de transport collectif pour les déplacements quotidiens n’est pas satisfaisante. Sans parler du coup de pouce au pouvoir d’achat des ménages et de la préservation de l’environnement ». Mais sur le sujet très local de Nantes-Rennes, il doit encore convaincre ses collègues.

 

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