L’ONU adopte un règlement sur les véhicules autonomes

Les véhicules ne pourront dépasser 60 km/h en mode automatisé. Ici des Zoe autonome Renault.   © GH
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Grégoire Hamon

Maximum 60 km/h. Une soixantaine de pays, dont les États membres de l’UE, le Japon et le Canada, ont adopté des règles communes qui seront imposées aux véhicules autonomes de niveau 3, a indiqué l’ONU dans un communiqué, le 25 juin dernier. Ce règlement, qui entrera en vigueur en 2021, a été adopté par le Forum mondial pour l’harmonisation des règlements concernant les véhicules de la CEE-ONU. Selon ce règlement, le système de conduite automatisé, qui repose en bonne partie sur le maintien de trajectoire (ALKS), peut être activé à condition qu’un conducteur reste derrière le volant, ceinture attachée, et uniquement sur des routes exemptes de piétons (ou de cyclistes) et dotées d’une séparation physique entre les deux sens de circulation. Des caractéristiques assez proches des voies express, mais les véhicules ne pourront dépasser 60 km/h en mode automatique : mieux vaut éviter d’activer ce mode sur l’autoroute ! Les écrans utilisés à bord pour des activités annexes à la conduite (Internet, vidéo, divertissement, etc.) devront se déconnecter automatiquement dès que le conducteur devra reprendre la main. La réglementation définit aussi les exigences sécuritaires concernant les manœuvres d’urgence, en cas de collision imminente.

Boîte noire. La réglementation prévoit, en outre, l’obligation d’introduire des systèmes de reconnaissance de la disponibilité des conducteurs : ces systèmes contrôlent à la fois la présence du conducteur (sur le siège conducteur, ceinture de sécurité bouclée) et sa disponibilité à reprendre le contrôle du véhicule. En cas d’assoupissement, le véhicule devra être capable de s’arrêter de lui-même. La disponibilité du conducteur est, quant à elle, mesurée grâce à plusieurs éléments comme une demande d’activation de la prise de contrôle exclusif du véhicule par le conducteur, le clignement ou la fermeture des yeux et le mouvement conscient de la tête ou du corps. Dans chaque situation, l’objectif est de «minimiser les risques pour la sécurité des occupants du véhicule et des autres usagers de la route». Sur un autre plan, la norme introduit également l’obligation d’équiper le véhicule d’une boîte noire, appelée «système de stockage des données pour la conduite automatisée». Les systèmes ALKS devront également être conformes aux exigences en matière de cybersécurité et de mise à jour des logiciels énoncées dans les deux nouveaux règlements des Nations unies adoptés le même jour. Le Japon – qui a codirigé la rédaction du règlement avec l’Allemagne – appliquera le règlement dès son entrée en vigueur. La Commission européenne, qui a également contribué à son développement aux côtés notamment de la France, des Pays-Bas et du Canada, a annoncé que le règlement s’appliquerait dans l’Union européenne à une date ultérieure sans toutefois la préciser. Selon la CEE-ONU, plusieurs constructeurs automobiles devraient aussi appliquer le règlement. Notons que les États-Unis et la Chine, leaders mondiaux en matière de conduite autonome, n’ont pas participé à la rédaction de cette charte, probablement trop restrictive à leur goût.

G. H.

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