Malgré un premier échec, New-York continue à tester la reconnaissance faciale Politique et réglementations

MTA gère notamment 7 ponts et 2 tunnels payants à New-York.   © MTA
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Grégoire Hamon

900.000 voitures par jour sur le pont Robert F. Kennedy. La ville de New-York a tenté un programme de reconnaissance faciale des conducteurs, et c’est pour l’instant un échec. C’est ce qu’a rapporté le Wall Street Journal en se basant sur un échange de courrier de la MTA (Metropolitan Transportation Authority), une entreprise privée chargée de la gestion des transports publics dans la ville de New York et son agglomération. MTA avait demandé de placer le dispositif de reconnaissance faciale sur le pont Robert F. Kennedy, qui voit passer 900.000 voitures par jour à New York, afin de repérer d’éventuels criminels ou terroristes (MTA gère notamment 7 ponts et 2 tunnels payants). Las, le système de détection n’a réussi à identifier «aucun visage dans des paramètres acceptables ». Les raisons de cet échec n’ont pas été dévoilées. Il se pourrait que la vitesse des véhicules, trop excessive, ait joué défavorablement. Ainsi, MTA entend poursuivre l’expérimentation en procédant à d’autres installations. Un porte-parole du gouverneur de New-York Andrew Cuomo a également indiqué que l’Etat de New-York continuerait à tester ce type de technologie pour aider «à protéger les New-yorkais, tout en respectant leurs libertés civiles». 

Repérer aussi les fraudeurs? Annoncé en juillet 2018, le pilote de reconnaissance faciale new-yorkais avait été contesté par des experts de la protection de la vie privée. La ville avait déclaré que ces installations ne serviraient qu’à des fins de sécurité. Toutefois, la déclaration d’un ancien dirigeant de MTA avait jeté de l’huile sur le feu. Il avait déclaré l’été dernier que le système pourrait aussi permettre de repérer les mauvais payeurs qui masquaient leurs plaques d’immatriculations pour ne pas payer le péage. Ses propos ont été par la suite désavoués par MTA. L’utilisation accrue de la reconnaissance faciale aux États-Unis, a déjà entraîné l’ouverture de plusieurs débats, souvent à l’initiative des défenseurs des droits civiques. Ces derniers alertent sur le côté discriminatoire, la reconnaissance étant surtout efficace pour «des hommes à la peau blanche». La ville de San Francisco projette ainsi d’interdire tout usage gouvernemental de cette technologie. Des préoccupations qui feraient certainement sourire à Pékin, qui traque les faits et gestes de ses citoyens grâce à un réseau de 200 millions de caméras de surveillance réparties à travers la Chine.

G. H.

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