Municipales: le vélo en vedette, le car aux oubliettes

Transcendant les colorations politiques, le vélo sortira grand gagnant de ces élections municipales.  
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Marc Fressoz

Étude TDIE. L’autocar fait figure de repoussoir pour les futurs maires et élus d’intercommunalités. La tendance, à Paris et ailleurs, est plutôt de repousser les cars aux limites de la ville et d’inciter les touristes à visiter la ville en transports publics. Pour les cars Macron, c’est un peu différent, mais les candidats ne font pas de l’aménagement des gares routières une priorité. Pour identifier ces orientations, les équipes du think tank TDIE (Transport, développement, intermodalité et environnement) ont décortiqué les programmes mobilité de 166 listes déposées aux municipales dans un échantillon représentatif (6 communes d’Île-de-France, 13 communes de métropoles régionales, 2 villes-centre de communautés urbaines, 5 villes-centre de communautés d’agglomération). Deux certitudes ressortent de cette étude: le transport est devenu un thème majeur, et le vélo sortira grand gagnant des élections.

BHNS et TER métropolitains. «Avant le vélo était de gauche, la voiture de droite, mais cela ne tient plus aujourd’hui», résume Michel Savy, un des rapporteurs de l’étude présentée le 10 juin. S’il devient «la petite reine des mobilités urbaines» comme s’en amuse Philippe Duron, président de TDIE, les transports en commun seront-ils moins choyés par les futurs élus? Ce n’est pas ce qui apparaît, mais l’effet financier du Covid-19 risque de peser sur la voilure des réseaux. L’UTP a d’ailleurs appelé les pouvoirs publics à mettre en place un plan massif de soutien au secteur. En matière de développement, les candidats paraissent miser sur le BHNS plutôt que sur des infrastructures lourdes, comme si un palier avait été atteint. «On ne voit pas de nouveaux projets mais la poursuite de ce qui a été lancé», affirme TDIE, comme la 3e ligne de métro de Toulouse. Toutefois, les projets de RER métropolitain ont le vent en poupe et font consensus à Nantes, Bordeaux, Grenoble. Ayant sans doute intériorisé la limitation des ressources financières, les candidats résistent à la tentation de la gratuité des transports. Cependant, dans de grandes métropoles, des sortants veulent y passer progressivement (Martine Aubry à Lille) ou partiellement le week-end (Éric Piolle à Grenoble, Johanna Rolland à Nantes ). À noter aussi que la logistique et la livraison urbaine, sujet brûlant avec le boom du commerce en ligne, ne passionne pas les élus. Il a pourtant des répercussions sur la fluidité du trafic des bus et des cars.

 

 

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