Ofo: les vélos jaunes dans le rouge Produits

Un million de trajets à Paris en octobre 2018 n'auront pas suffi à assurer la pérennité du service, mis en pause fin décembre.   © GH
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Grégoire Hamon

Crise de confiance. Après avoir inondé, parfois sauvagement, les trottoirs du monde entier, les vélos jaunes en libre-service d’Ofo pourraient tous filer à la casse. Le leader mondial du vélo partagé sans station, pourtant soutenu par Alibaba et Didi (les versions chinoises d’Amazon et d’Uber), est acculé à la faillite. La startup pékinoise a été sommée fin décembre par le ministère des Transports chinois d’«accélérer les procédures de remboursement» des cautions versées par les usagers qui en font la demande. Le lundi 24 décembre, le China Daily a consacré une page à cette crise, qui doit servir de «leçon, spécialement pour les entreprises de l’économie de partage». La crise de confiance a démarré à la fin de l’année 2018, quand plusieurs fournisseurs ont fait état de factures non payées. Craignant de perdre leur caution (de 12,50 à 25 euros), plus de 13 millions d’utilisateurs chinois ont demandé à se faire rembourser, pour une facture de 150 à 300 millions d’euros. Un montant impossible à financer pour la startup. Dai Wei, le jeune patron de l’entreprise créée en 2014, a évoqué l’idée de déclarer l’entreprise en faillite.

Concurrence mortifère. En France, les services d’Ofo ont été mis «en pause», depuis la mi-décembre. Les 2.500 vélos jaunes ont déserté la capitale. Pourtant, en octobre dernier Ofo se félicitait d’avoir atteint 1 million de trajets à Paris. Cet automne, Ofo avait mené une expérimentation avec la RATP en proposant aux voyageurs de compléter leur trajet de tramway T3a (sud de Paris) grâce à ses vélos jaunes. En Chine, la concurrence avec Mobike, soutenu, lui, par l’autre géant chinois, Tencent, ainsi qu’avec une myriade d’acteurs du free-floating s’est avérée mortifère pour ce secteur émergent. A Paris, Ofo a aussi dû composer avec Gobee.bike et oBike, qui ont tout deux jeté l’éponge en moins d’un an. Le géant Uber est déjà prêt à prendre la relève avec son futur service de vélo partagé Jump au printemps prochain, à moins qu’Alibaba et Didi ne se décident à renflouer leur sous-marin jaune.

G. H.

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