Pass Navigo : « Le tarif unique, le moins efficace du point de vue social » Politique et réglementations Territoires

Un accord a été trouvé entre le gouvernement et la Région Ile-de-France sur le financement du Pass Navigo avec un hausse du tarif et du VT Le Pass Navigo  
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La rédaction

Un cortège de personnalités politiques et économiques s’est rassemblé lundi 20 juin aux côtés de Valérie Pécresse, à l’hôtel de la Région Île-de-France (Idf). Le thème de la table-ronde a porté sur les conséquences du tarif unique du Pass Navigo à 70 €, mis en place par la précédente majorité socialiste à la région en septembre 2015. Les intervenants ont aussi proposé de nouvelles tarifications, basées sur des critères géographiques ou d’utilisation. Pour combler les 300 M€ de déficit annuels causés par la nouvelle mesure, le tarif unique sera dans un premier temps maintenu. Il devrait toutefois être rehaussé autour de 85€ mensuels.

Avec un prix moyen passé de 83,70 € à 68,96 €, soit une baisse de 17,6%, et une demande qui n’a augmenté que de 13,6%, la réforme du prix de l’abonnement n’a pas eu les effets escomptés. Elle a par ailleurs entraîné une « cannibalisation », selon l’économiste Marc Ivaldi, des autres offres telles le carnet de tickets, moins intéressantes que le Pass Navigo « semaine ».  Ces deux conséquences ont porté la perte annuelle à 300M€.

Pour les économistes du transport Philippe Gagnepain (Paris I Sorbonne) et Marc Ivaldi (Toulouse School of Economics), le tarif unique pour tous les usagers des réseaux RATP et SNCF en région IdF est par ailleurs « le moins efficace du point de vue social ». Selon eux, les voyageurs en heure creuse, qui ont souvent des revenus plus faibles, financent les déplacements des voyageurs en heures pleines, alors même que leur utilisation du réseau est plus faible (en termes de besoin d’infrastructures, d’entretien et de temps). Ils préconisent une personnalisation du coût du titre de transport : les usagers des heures de pointe doivent payer davantage que ceux des heures creuses, mesure à adopter en parallèle à une taxation des véhicules privés (comme c’est le cas à Londres) et qui devrait mieux répartir la fréquentation sur l’ensemble de la journée. Cette mesure suscite des réactions d’hostilité de la part des comités d’usagers et est inapplicable à court-terme.

Elisabeth Borne, présidente de la RATP, a rappelé que ce n’est pas la Régie parisienne mais le Stif qui fixe le prix de l’abonnement Navigo. Elle a constaté qu’en France, la part payée par l’usager dans le coût total du transport (taux de couverture) ne cesse de s’éroder, passant de 42% en 2004 à 28% en 2016 en Île-de-France. Une situation qui génère un effet de ciseau : « la part payée par l’usager des transports a à peine évolué, alors que dans le même temps, le trafic, la qualité de service et l’offre de transport ont fortement augmenté ».

Gilles Carrez, président de la Commission des finances à l’Assemblée Nationale, a été l’un des derniers à prendre la parole. Il a aussi reconnu « l’érosion de la recette tarifaire vis-à-vis du prix de revient des transports en commun » et rappelé la nécessité de garder un lien « entre qualité du service, prix de revient et tarification ». Une des solutions, selon lui, est la « revalorisation chaque année des tarifs, même si c’est une décision politique difficile ». Fataliste, il a concédé « qu’une fois le tarif unique a été mis en place, il est impossible de revenir en arrière ».

La position de Valérie Pécresse va dans ce sens. La présidente de la Région IdF se réserve la possibilité de relever le Pass Navigo à 85 € mensuels. Une augmentation de quinze euros qu’elle nomme « taxe Valls ».

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