Pollution à Paris: Airparif a quantifié l’apport de la norme Euro 5 Politique et réglementations

Entre 2010 et 2016, les particules fines ont baissé à Paris : -5,4 % pour les PM10 et -10,5 % pour les PM2,5.   © DR
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Grégoire Hamon

Comparaison avec Londres. La politique de lutte contre la pollution routière s’est révélée pertinente pour la Ville de Paris. C’est l’une des conclusions de l’étude que vient de publier Airparif, en association avec le King’s college de Londres, pour comparer l’impact des mesures sur le trafic visant à améliorer la qualité de l’air dans les deux capitales. Publiée dans la revue scientifique Environmental Pollution, l’étude s’intéresse spécifiquement à la part de la pollution liée au trafic routier, en ciblant les évolutions des niveaux de pollution: d’une part, les oxydes d’azote (NOx), dont le dioxyde d’azote (NO2) en raison de leur forte présence dans les émissions du trafic routier et d’autre part,  les particules fines (PM10 et PM2,5), dont le trafic est également une source importante, même si elle n’est pas la seule. La période considérée (2005-2016) inclut la mise en place de différentes politiques. Elle permet d’éclairer notamment l’incidence de l’évolution du parc automobile avec la mise en place de la norme Euro 5 ou celle de mesures locales, comme l’instauration de la Zone à faibles émissions de Londres, instaurée dès février 2008.

Impact négatif des deux-roues motorisés. Il en ressort que les rejets de dioxyde d’azote liés au trafic urbain ont baissé à Paris de 5,5 % entre 2010 et 2016 (contre une augmentation de 0,7% entre 2005 et 2009). La baisse de pollution s’expliquerait par l’introduction de la norme Euro V pour les véhicules lourds, à partir de 2010. Elle aurait pu être plus forte si les constructeurs n’avaient pas maquillé leurs émissions polluantes. «La norme Euro 5 sur les véhicules légers diesel n’a pas permis de baisse significative de ces niveaux. Cette situation s’expliquerait par des émissions de ce polluant en conditions réelles de circulation très largement supérieures aux standards correspondant à cette norme. Depuis 2016, des modifications sont intervenues avec l’introduction de la norme euro 6, qui autorise des tests sur route plus proche des niveaux d’émissions en conditions réelles de circulation», soulignent les auteurs de l’étude. Concernant les particules fines à Paris, leur concentration a baissé de 5,4 % pour les PM10 et 10,5 % pour les PM2,5 entre 2010 et 2016. Cette baisse trouverait sa justification dans la mise en place de la norme Euro 5 pour les véhicules légers diesel. La baisse aurait pu être plus significative si le parc des deux-roues motorisés n’avait pas explosé entretemps, renforçant les émissions de particules fines.

Pour obtenir plus de détails, l’étude est en accès libre.

G. H.

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