RATP: des syndicats redoutent une «bombe sanitaire», la direction rassure

Après avoir pris des mesures concernant la circulation dans les bus, la RATP distribue depuis peu des masques à son personnel, trop tard jugent certains syndicats   © DR
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Marc Fressoz

Distribution de masques. Trois semaines après le début du confinement, la RATP a commencé à distribuer systématiquement des masques pour protéger son personnel contre le Covid-19. Les premiers sont arrivés le 8 avril. Jusqu’à présent, les agents disposaient de kits de protection à utiliser dans le cas où ils devaient côtoyer des voyageurs ou des collègues présentant des symptômes. Même si des mesures barrière étaient déjà en vigueur (poste de conduite sanctuarisé, montée et descente par l’arrière, etc.),  ce déploiement est, pour certains syndicats, trop tardif pour endiguer l’épidémie. «La RATP est une bombe sanitaire», juge Patrice Clos, le secrétaire général de FO Transports. «Au sein des différentes activités, plusieurs agents toussent, présentent des symptômes, détaille la secrétaire générale du syndicat FO RATP, Patricia Lasalmonie. Ils sont peut-être atteints par le virus. Chez les conducteurs de bus, beaucoup sont jeunes et peuvent s’en tirer, mais ils font circuler le virus.» La politique de prévention de la RATP est-elle en défaut? «Il n’y a pas de dépistage organisé», déplore la syndicaliste. «Nous sommes très attentifs à la santé de nos agents, c’est aussi  la responsabilité de chacun de se confiner», considère la RATP. «Certains conducteurs de bus ou de tram préfèrent continuer à travailler, concède la syndicaliste. C’est un choix financier. Après les grèves des retraites, les pertes de salaire ont été importantes, et ne plus conduire c’est perdre des primes.» L’équivalent du chômage partiel mis en place à la régie présenterait aussi cet inconvénient, aux yeux de ces agents. 

Deux morts. La RATP déplore dans ses effectifs la perte de deux agents, auxquels la PDG, Catherine Guillouard, a rendu hommage dans une vidéo interne. Il s’agit d’un cadre du dépôt de bus d’Aubervilliers et d’un membre du GPSR.  Selon Le Parisien du 9 avril, la RATP comptait au 6 avril «97 cas connus d’agents contaminés, neuf hospitalisés et trois cas graves en réanimation». Mais la direction de l’entreprise ne confirme pas ces chiffres.

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