Tarifs : Nantes fait du rattrapage Politique et réglementations Stratégie Territoires

Nantes doit acquérir 150 bus articulés d’ici 2020, notamment pour son Busway.   © HH
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Hubert Heulot

Le ticket à l’unité augmente de 1,50 euro à 1,60 euro, le carnet de dix tickets, de 14 à 15 euros, le passe annuel de 545 à 582 euros. A Nantes, la hausse moyenne des tarifs des transports publics sera de 5% le 1er juillet prochain.

Cette augmentation, supérieure à celle d’1% de plus que l’inflation, pratiquée systématiquement ces dernières années, pour préserver les capacités de financement du réseau de transports, apparaît comme une mise à plat de Johanna Rolland, celle qui a succédé à Jean-Marc Ayrault, à la direction de la ville.

« C’est une hausse de rattrapage après une augmentation de l’offre de transports bien plus importante que prévu », explique-t-on dans l’entourage du nouveau maire. Il y a eu, depuis 2013, le lancement des lignes de bus rapide (Chronobus) et, dans leur sillage, des fréquences de passage plus grandes sur les lignes classiques. Au total, un million de kilomètres du bus supplémentaires par an sont effectués (3,5 millions au lieu de 2,5 millions) par rapport au programme du début des années 2010, quand Nantes se met à préférer le bus rapide, moins cher que le tramway.

Le mouvement est lancé en 2009, par une forte augmentation des tarifs (11%). Nantes veut faire remonter le niveau des recettes de son réseau. S’ensuit une politique continue d’augmentations annuelles de ses tarifs d’1% de plus que l’inflation. La recette de billetterie atteint 38,5% du coût du transport.

 

Le CICE n’a pas suffi

Un bon chiffre qui ne se maintient pas. Au final, un million de kilomètres en plus, c’est cinq millions d’euros de moins dans les comptes des transports nantais, qui ne peuvent pas être compensés ni par les efforts de productivité, ni par le CICE (Crédit d’impôts compétitivité emploi). La hausse des tarifs 2015 de 5% est donc là pour combler l’écart résiduel et stabiliser cette part du coût du transport public payée par les usagers à 38,5%.

La nouvelle équipe métropolitaine ne veut plus, pour le moment, que les recettes continuent de rattraper les dépenses. Il faudra sans doute attendre une véritable reprise économique pour demander cela aux usagers. Pour Johanna Rolland, cette hausse des tarifs est une façon d’apurer les comptes avant le flot de dépenses s’imposant dans les années qui viennent.

Qu’il s’agisse du remplacement des rails du tramway, des tramways eux-mêmes et de la moitié des bus, le programme doit en être précisé d’ici la fin de l’année. Une vague de bus articulés (80) au GNV vient déjà d’être commandée pour près de 50 millions. Ils rentreront en service en 2016 et 2017. La société des transports nantais est chargée d’une étude du choix des technologies et des nouveaux véhicules à partir de 2018.

Quant aux développements, aux projets d’augmentation de la capacité d’emport du transport public, véritable priorité pour maintenir la qualité du service alors que la population continue d’augmenter, il n’est pas exclus qu’ils réclament d’autres hausses de tarifs à l’avenir, Nantes refusant celles de ses impôts locaux.

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