Toulouse : la régie de transport urbain Tisséo va devenir un EPIC Politique et réglementations Stratégie Territoires

Essai d'une future rame. Les financements du SMTC vont être consacrés à un vaste programme de tramway.   © © Tisséo
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Catherine Sanson-Stern

Beaucoup de changements en vue pour les transports urbains toulousains en 2010 : la régie Tisséo-SMTC devient un EPIC (établissement public industriel et commercial) en avril. Et l’élu Vert qui la dirigeait doit passer la main.

Cette décision a été votée le 14 décembre 2009, à l’unanimité des membres du SMTC, pourtant très divisés par ailleurs. Ce statut donnera une personnalité morale à la régie des transports, tout en préservant son caractère public. Cela permettra une meilleure application du droit du travail aux salariés (dont certains, en charge du métro, ont fait une semaine de grève mi-décembre pour une revalorisation de leur statut), tout en assouplissant les modalités de fonctionnement (sur les commandes de pièces par exemple). Le conseil d’administration de l’Epic sera composé de deux salariés et des douze élus du SMTC.

Nouvelle répartition des rôles

Ces douze élus ne seront pas les mêmes qu’au comité syndical du 14 décembre 2009. C’est là le deuxième changement de taille subi par la gouvernance des transports toulousains. Pierre Cohen, maire de Toulouse et président du Grand Toulouse, a décidé de mettre fin à l’accord PS-Verts qui avait prévalu depuis la campagne des élections municipales et qui avait donné la présidence du syndicat mixte des transports à Stéphane Coppey, élu vert d’une ville de la banlieue toulousaine et impliqué de longue date dans les questions de mobilité dans l’agglomération. Mais les huit élus PS, PC et PRG du SMTC, qui ont démissionné en bloc afin de donner la présidence du syndicat mixte à Pierre Cohen, n’ont guère laissé le choix à Stéphane Coppey.

Que lui reproche Pierre Cohen ? Dans un communiqué, celui-ci affirme que « le contexte de crise sociale et institutionnelle à Tisséo est caractérisé par l’impossibilité au sein du conseil syndical de mettre en œuvre une politique ambitieuse de développement des transports en commun pour l’agglomération ». En réalité, l’opposition qui bloque tout le fonctionnement du syndicat est l’affrontement entre le Grand Toulouse et le Sicoval, soutenu par la troisième collectivité membre, le SITPRT, sur le prolongement de la ligne B du métro jusqu’à Labège-Innopole, une zone commerciale et tertiaire située au sud-est de l’agglomération qui ne dispose d’aucune infrastructure lourde de transports en commun et souffre de congestion automobile chronique.

Un vrai coup de force

Pierre Cohen préfère réserver les financements du SMTC, limités par le retrait du Conseil général, à un vaste programme de tramway, tandis que le Sicoval et le SITPRT s’accrochent au prolongement du métro, acté de longue date par le SMTC. Une étude d’un cabinet extérieur montre d’ailleurs que l’écart de coût entre métro et tout autre mode de desserte de Labège ne serait pas si énorme…

Le coup de force du maire de Toulouse va-t-il mettre fin au blocage des institutions ? Rien n’est moins sûr. Selon Stéphane Coppey, amer, « on passera d’un président qui avait su conserver la confiance et le contact avec les collectivités à un président qui a rompu ces contacts ». Décidé à ne pas se laisser faire, le toujours président de Tisséo a déposé un recours suspensif et sur le fond devant le tribunal administratif sur les modalités de la nouvelle élection des membres du SMTC par la communauté urbaine du Grand Toulouse.

 

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