Transport de voyageurs :  »Nous n’aurons pas raison tout seuls » Pratique et ressources Stratégie

  © Michel Seyt, candidat à la présidence de la Fédération nationale des transports de voyageurs ©P Cossard
Actualites

Le Club Les Industriels Les Opérateurs

La Rédaction

Michel Seyt prône le rapprochement entre la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), dont il brigue la présidence le 10 décembre 2008, et l’Union des transports publics. Interview exclusive réalisée par Bus & Car.

Dans votre profession de foi, vous prônez la création d’un Groupement des acteurs de la mobilité (Gam). Qui en sont les acteurs ? Les autorités organisatrices en font-elles partie ?
Les acteurs de ce nouveau groupement ce seront les exploitants des réseaux de transport. Ils sont en première ligne pour répondre aux demandes des Français en matière de transport collectif. Nous constatons tous une augmentation de la fréquentation des réseaux urbains et interurbains (
voir les chiffres), et les frontières administratives tendent à s’effacer. La mutualisation de certains moyens entre la FNTV et l’Union des transports publics (UTP) nous permettra de faire cause commune sur des dossiers où nos intérêts convergent. Quant à savoir si le Gam a vocation à accueillir en son sein les autorités organisatrices de transport, je crois qu’il nous faudra y réfléchir. Après tout, ce lieu reste à inventer, tout est possible.

Certains, parmi les adhérents de la FNTV, craignent une véritable fusion entre la FNTV et l’UTP. Que leur répondez-vous ?
Cette crainte participe d’un malentendu, il n’est pas question de fusionner. Les deux organisations professionnelles continueront d’exister, ne serait-ce que parce qu’elles ont des conventions collectives distinctes et des préoccupations très différentes sur de nombreux dossiers. Nous avons un besoin urgent de créer un lieu de dialogue étroit entre les opérateurs et les autorités organisatrices (AO). Les élus sont en attente de ces discussions. La France est l’un des rares pays où le fossé s’est creusé entre les transporteurs et les décisionnaires, le Gam jettera un pont entre eux. J’en veux pour preuve l’explosion des contentieux entre les entreprises et les collectivités locales (lire). Cette situation, qui dégénère, est révélatrice d’une crise profonde. Le sujet de la contractualisation, des conditions d’une concurrence saine, libre et non faussée est fondamental. Je suis prêt à lancer une réflexion d’ensemble sur ce sujet,  commun à la FNTV et à l’UTP. Quel meilleur lieu que le Gam pour nous faire entendre des élus resposnables des transports  ?

Quel serait le délai de mise en œuvre du Gam ?
Si je suis élu à la présidence de la FNTV le 10 décembre, j’entrerai en fonction le 10 janvier 2009. On peut imaginer un dépôt des statuts du Gam dans le courant du premier trimestre. Je pense que la meilleure solution sera une présidence tournante de cette nouvelle instance, avec la mise en commun de moyens humains et financiers, et le choix d’un lieu. Enfin, il n’y aura pas de nouvelles cotisations pour le Gam. Dès que tout cela sera en place, nous pourrons poursuivre nos actions, communes cette fois, vis-à-vis des autorités organisatrices de transport.

Propos recueillis par Pierre Cossard

Retrouvez la profession de foi de Michel Seyt

Lire l’enquête de Bus & Car sur l’explosion des contentieux entre transporteurs et collectivités locales (accès réservé aux abonnés)

Les chiffres clés du transport urbain (source Union des transports publics)

Message

Veuillez vous identifier pour laisser un commentaire, cliquez ici pour vous identifier

  • Il n'y a pas de commentaire sur cet article. Soyez le premier à réagir.