Trottinettes à Paris: Hidalgo hausse le ton Politique et réglementations Produits

Anne Hidalgo a proposé aux opérateurs de brider la vitesse de leurs trottinettes à 20 km/h dans toute la capitale, voire 8 km/h sur les zones piétonnes.   © DR
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Grégoire Hamon

Bridage à 20 voire 8 km/h. Était-ce l’accident de trop? Le 17 mai dernier, une pianiste de l’Opéra de Paris était renversée par un utilisateur de trottinette électrique alors qu’elle traversait un jardin proche des Halles. Souffrant de fractures au bras droit, elle craint de ne plus pouvoir rejouer comme avant. Trois jours plus tard, une mère et son bébé de 7 mois étaient percutés par une autre trottinette roulant à contresens. Plus de peur que de mal, alors qu’un octogénaire avait été mortellement accidenté à Levallois, en avril dernier. Jeudi 6 juin, la maire de Paris a demandé aux opérateurs de trottinettes en accès libre de limiter la vitesse de ces engins tout en promulguant l’interdiction de stationnement sur les trottoirs. Les trottinettes «devront stationner sur les places de stationnement situées sur la chaussée et déjà utilisées par les voitures et les deux-roues motorisés», a annoncé Anne Hidalgo lors d’une conférence de presse. La maire, candidate à sa propre succession, a également proposé aux opérateurs de brider leur vitesse à 20 km/h dans toute la capitale, voire 8 km/h sur les zones piétonnes. Les trottinettes seront aussi «interdites dans tous les parcs et jardins» de la capitale, et «le port du casque» sera recommandé, a ajouté Anne Hidalgo qui souhaite que l’ensemble des mesures annoncées soient en vigueur «dès début juillet».

Plus que 3 opérateurs. «Malgré un cadre juridique fragile et dans l’attente de la Loi d’orientation des mobilités, qui entrera en application avec un an de retard, Paris ira plus loin», a fait savoir Christophe Najdovski, maire-adjoint aux Transports. Apparues il y a un an dans les rues de la capitale, les trottinettes électriques en libre-service se sont multipliées pour atteindre un chiffre estimé à 20.000 engins, opérés par une dizaine d’opérateurs. Un chiffre qui devrait se réduire sensiblement si l’on en croit les annonces du maire-adjoint. «Nous demandons aux opérateurs de réduire leur flotte jusqu’à l’adoption de la loi mobilités qui doit enfin offrir le cadre légal que nous demandons. Dès que le gouvernement aura fixé le cadre national par la loi et par décret, la Ville de Paris lancera un appel d’offre pour limiter à trois le nombre d’opérateurs. Pour lutter notamment contre le travail précaire, cet appel d’offre d’offre comportera des clauses sociales et environnementales. Nous limiterons aussi le nombre de trottinettes électriques», a-t-il fait savoir, indiquant également la création d’un observatoire de la sécurité routière, associant la Préfecture de Police et l’AP-HP, «afin d’évaluer précisément l’accidentologie».

G. H.

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