Uber et Lyft accusés d’être 70 % plus polluants que les transports qu’ils remplacent

Si la moitié des trajets de VTC étaient mutualisés avec plusieurs utilisateurs, et effectués dans un véhicule électrique, les émissions du secteur baisseraient de 52%.   © Uber
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Grégoire Hamon

Remplacement de 24% des modes doux et mass transit. Une nouvelle étude vient à nouveau d’accuser les services de VTC de contribuer à renforcer la congestion des villes. Aux États-Unis, selon l’Union of Concerned Scientists (l’Union des scientifiques inquiets) du MIT, les trajets à bord d’un VTC seraient 69% plus polluants que les transports qu’ils remplacent. Pour corroborer leur analyse, ces experts s’appuient sur plusieurs analyses statistiques. L’une d’elle rapporte qu’un quart (24%) des utilisateurs de VTC empruntent ce mode de transport à la place des transports en commun, d’un trajet à vélo ou de la marche. De plus, les trajets en VTC émettraient, en moyenne, 47% de pollution de plus que le même trajet réalisé avec une voiture particulière. Ces émissions supplémentaires sont liées aux kilomètres parcourus par les chauffeurs de VTC avant et après sa course. De fait, selon cette même étude, les trajets individuels en VTC émettraient 79% de CO2 en plus que des trajets effectués en covoiturage dans un véhicule électrique. Les scientifiques donc recommandent la mise en place de flottes électriques ou d’inciter les utilisateurs à privilégier des transferts en VTC partagés.

Trajets mutualisés et électriques. Les auteurs ont calculé que si la moitié des trajets de VTC étaient mutualisés avec plusieurs utilisateurs, et effectués dans un véhicule électrique, les émissions du secteur baisseraient de 52%. «Cependant, ces stratégies ne pourront à elles seules répondre ni à l’augmentation des kilomètres parcourus par les véhicules ni à l’augmentation des problèmes de congestion. Les sociétés doivent aussi inciter à ne plus utiliser de voitures individuelles seul et à utiliser des modes à faibles émissions comme les transports en commun, le vélo et la marche», soulignent les scientifiques. Uber et Lyft n’ont pas attendu ces experts pour inclure des mobilités plus douces, comme les vélos et les trottinettes, dans leurs offres, et tentent même de couvrir tous les segments de la mobilité en proposant, pour certaines villes, des outils de planification et de billetterie pour transport en commun. Lyft a investi plusieurs millions de dollars pour devenir un service de transport entièrement neutre en émissions de CO2 en recourant à l’achat de compensations de carbone, tandis qu’Uber étudie la possibilité d’aider financièrement les conducteurs nord-américains à utiliser des véhicules électriques. À Londres, Uber, qui a perdu sa licence, tente de redorer son blason en proposant 2.000 Nissan Leaf électriques à prix réduit à ses chauffeurs.

G. H.

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