Uber et Lyft préparent leur entrée en bourse à coups de milliards Stratégie

Uber vise une capitalisation à 120 milliards de dollars.   © Uber
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Grégoire Hamon

Frénésies de rachat. Uber vaut-il 120 milliards de dollars ? C’est du moins la capitalisation que vise la société de VTC pour son introduction en Bourse, l’année prochaine. Un montant astronomique –l’équivalent de 6 fois la capitalisation de Renault par exemple (16 milliards d’euros)–, surtout en regard du chiffre d’affaires réalisé : 7,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2017 pour 4,5 milliards de pertes. L’entreprise américaine, qui ne prévoyait d’entrer sur le marché boursier qu’en 2020, a dû accélérer le processus début décembre. Son principal concurrent sur le marché américain, Lyft, a en effet déposé un document d’introduction quelques jours avant son grand rival. L’objectif visé, plus modeste, n’affiche «que» 15 milliards de dollars de capitalisation, pour 1 milliard de chiffre d’affaires l’an dernier. L’entrée en bourse devrait d’abord permettre aux premiers investisseurs, comme Sofbank pour Uber, de faire de juteuses plus-values en revendant leurs actions. Elle permettra surtout aux deux acteurs de continuer leurs frénésies de rachats, dans l’optique de devenir des acteurs complets de la mobilité.

Futurs géants du MaaS. Après le rachat des vélos partagés Jump et peut-être des trottinettes Lime ou Bird, Uber compte occuper tous les créneaux de la mobilité urbaine, y compris en poursuivant ses recherches sur les véhicules autonomes et les taxis-volants. Bien loin de son schéma de lancement agressif, le groupe dirigé par Dara Khosrowshahi entend désormais intégrer son offre dans les politiques de transport des villes. En Égypte, Uber a ouvert un service de lignes de bus à la volée, disponible par le biais de son application. En France, l’entreprise a conclu un accord avec la ville de Nice pour compléter certaines lignes de bus de nuit, avec un coût partiellement pris en charge par la régie de transport. À Londres, Uber compte bien intégrer les horaires de métro et de bus dans son application, dans le but de vendre un jour les billets. C’est aussi le but visé par Lyft, dont l’application intègre les services de transports publics dans certaines villes aux États-Unis. Lyft propose par ailleurs une offre par abonnement pour 30 trajets par mois destinée à remplacer un véhicule personnel. Les deux géants du VTC apparaissent donc comme de sérieux prétendants aux offres de MaaS, prêts à empiéter sans vergogne sur les plates-bandes des opérateurs locaux.

G. H.

 

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