Uber réalise une entrée en bourse peu glorieuse Stratégie

Malgré une cotation en baisse de 7% le premier jour, les dirigeants d’Uber peuvent avoir le sourire: ils sont désormais multimillionnaires.   © Uber
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Grégoire Hamon

Uber vaut 76 $Mds. Vendredi 10 mai, au premier jour de sa cotation, Uber a connu une première séance difficile, affichant une baisse de 7,6% par rapport à son cours d’introduction de 45 dollars. Le marché doute du modèle économique de l’entreprise de VTC, dont les comptes affichent des pertes importantes. Cette dégringolade n’est pas sans rappeler celle qu’avait connue Lyft le 29 mars dernier. Son grand rival avait cédé 7,41% le premier jour de son arrivée sur le marché et son action, introduite à 78 dollars, ne vaut plus que 51 dollars actuellement. Pour éviter cette mésaventure, Uber avait volontairement revu à la baisse ses prétentions en présentant une première cotation inférieure à ses prétentions. Cela n’a pas suffit. Uber, qui a levé 8,1 milliards de dollars à l’occasion de cette opération, valait quelque 76 milliards vendredi soir, bien loin des 100 milliards qui étaient évoqués il y a encore quelques semaines. Uber vise un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars au premier trimestre pour une perte approchant le milliard, selon des documents boursiers.

L’Amazon des transports. Le modèle économique d’Uber pose problème, l’entreprise n’ayant jamais été dans le vert. Dans son document d’introduction en bourse, Uber souligne qu’il lui faudrait probablement changer de métier si elle devait embaucher les chauffeurs indépendants qui travaillent pour elle. Deux jours avant son entrée en bourse, certains chauffeurs s’étaient d’ailleurs mis en grève exprès pour protester et dénoncer la précarité de leur condition de travail. Uber, qui ambitionne de devenir l’Amazon des transports, est également en conflit avec de nombreuses municipalités, l’entreprise étant accusée de créer des embouteillages. À San Francisco, on constate une augmentation de 62% de bouchons en six ans. Conscient de ces difficultés, Uber mise sur d’autres moyens de transport moins intrusifs, comme les trottinettes ou les vélos électriques, tout en multipliant les partenariats avec les organismes de mobilité pour devenir une porte d’entrée globale pour tous les déplacements. En parallèle, Uber mène ses propres recherches sur les voitures autonomes, ce qui permettrait le résoudre le casse-tête des chauffeurs. D’ici là, l’entreprise devra serrer les dents pour que son modèle (qui n’est finalement qu’une application de mise en relation) ne s’effondre pas comme un château de cartes.

G. H.

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