Uber se diversifie dans la vente d’application TAD

Le service de TAD, jusqu’alors géré par Via, par la biais d’une application dédiée Marin Connect, sera directement opéré par Uber.   © Marin Connect
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Grégoire Hamon

Redevance annuelle. Laminé par la crise du Covid-19 qui a très fortement affecté son activité VTC, Uber a trouvé un moyen de diversifier ses revenus, tout en se rapprochant un peu plus des opérateurs de transports en commun. Uber vient en effet d’indiquer qu’il démarrait la commercialisation de sa plateforme de gestion de transport à la demande auprès des opérateurs. Le galop d’essai a lieu en Californie, dans le Comté de Marin, situé dans la baie de San Francisco. Le service de TAD, jusqu’alors géré par Via, par le biais d’une application dédiée, Marin Connect, sera opéré par Uber. À compter du 1er juillet, les résidents de Marin, qui compte 250.000 habitants, pourront réserver des trajets en minibus publics par l’intermédiaire de l’application Uber, qui facturera 4$ par mile, ou 3$ pour les personnes handicapées ou ayant d’autres problèmes de mobilité (le coût des services Uber X ou Uber Pool est plus élevé). Uber ne percevra pas de commission, et les frais seront reversés à l’autorité organisatrice. En échange, la Transportation Authority of Marin (TAM) paiera une redevance à Uber pour l’utilisation de son logiciel de TAD avec un maximum de 80.000$ sur deux ans. Ce tarif comprend aussi des bons de réduction pour des trajets en VTC Uber, destinés à couvrir les premiers ou derniers kilomètres depuis les arrêts de bus. En complément, Uber intégrera dans son application l’offre de mobilité globale du Comté de Marin, et pourra ainsi proposer, à titre informatif, les offres alternatives de transport public (bus locaux et régionaux ou trains).

«Partenaire idéal». En supprimant sa propre application de TAD, la Transportation Authority of Marin agit avec pragmatisme, nullement inquiète de passer par Uber. Au pays de la voiture reine, son service de TAD souffrait d’une faible fréquentation, imputée notamment à la nécessité d’utiliser une application dédiée. «Les gens ont déjà un million d’applications sur leur téléphone, et ils n’en veulent pas de nouvelles», a justifié Nancy Whelan, directrice générale de Marin Transit, pour qui Uber fait office de partenaire idéal. Le géant du VTC entend multiplier ce type d’expériences, ce qui lui permettra de s’insérer un peu plus dans les services de mobilité. David Reich, responsable de la division transport en commun chez Uber, a déclaré que sa société était en pourparlers avec des «dizaines» d’agglomérations sur «plusieurs continents» et annoncerait d’autres partenariats cette année. «Les agences de transport nous approchent depuis des années pour utiliser notre technologie», a-t-il ajouté.

G. H.

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