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Uber s’est montré beaucoup trop confiant avec ses voitures autonomes

Dysfonctionnements soulevés 5 jour avant l’accident mortel. Alors qu’Uber est en train de peaufiner le dossier de son entrée sur le marché boursier, les révélations du site américain The Information jettent un peu plus le discrédit sur la stratégie adoptée par la société de VTC en matière de véhicules autonomes. Cinq jours avant l’accident mortel intervenu en mars dernier entre une voiture autonome et une piétonne, Robbie Miller, un manager de la division des véhicules autonomes, avait alerté ses autorités sur plusieurs dysfonctionnements. Dans un mail adressé à sa hiérarchie, il dénonçait la dangerosité du logiciel d’auto-conduite utilisé, tout comme le fait que les pilotes chargés de superviser les voitures étaient insuffisamment ou mal formés. Il préconisait de recourir à deux conducteurs au lieu d’un pour assurer une meilleure surveillance. Le 18 mars, la personne chargée de superviser son véhicule était en train de visionner l’émission The Voice sur son smartphone au lieu de regarder la route…

Incapable de gérer toutes les données recueillies. Dans son message, Robbie Miller indiquait qu’en février 2018, les voitures autonomes percutaient régulièrement des objets tous les 15 000 miles (24 000 km) avec de menus incidents, quasiment de manière quotidienne, tous les 100 miles (161 km) environ. Les chauffeurs devaient quant à eux reprendre le volant tous les 3 miles (5km). Robbie Miller considérait que la flotte de véhicules autonomes avait grossit beaucoup trop rapidement pour que l’entreprise puisse maîtriser tous les paramètres de sécurité. Ainsi, il s’étonnait qu’il ait fallu plus de deux semaines avant de se pencher sur les causes d’un précédent incident ayant failli entrainer une collision. Un autre incident était même passé inaperçu (une voiture était montée sur un trottoir), avant que Miller ne le signale. Ainsi, la société générait plus de données qu’elle n’était capable d’en analyser. Pour Miller, une flotte réduite à 85% aurait été suffisante pour tester le logiciel. Mais Uber, comme ses concurrents, s’était lancé dans une course aux kilométrages parcourus. En décembre 2017, Uber s’était vanté de totaliser 2 millions de miles (3,2 millions de km) en voitures autonomes, après avoir atteint 1 million seulement 100 jours avant. Après avoir cessé tous ses tests à la suite de l’accident, Uber attend désormais le feu vert des autorités pour reprendre des essais sur route ouverte. La société va doter ses véhicules de systèmes de surveillance renforcée, avec deux pilotes par voiture et dans des conditions plus restrictives qu’avant: fini les courses de nuit par grande vitesse et par tous les temps. Pour la société de VTC le temps presse, car son rival Waymo a lancé un service de robot-taxi à Phoenix. L’écart sur les courbes d’apprentissage ne va cesser de s’agrandir.

G. H.