VW construit une usine de cellules de batterie avec Northvolt

Northvolt La Commission européenne a élevé la création d’une industrie de batteries en Europe au rang d’objectif stratégique de long terme. C’est un « projet important d’intérêt européen commun » (PIIEC). Au déploiement des usines Northvolt répond le projet d’usine de cellules que PSA veut établir dans le Valenciennois (Hauts-de-France) avec SAFT, filiale de Total depuis 2016.  
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Loïc FIEUX

Mariages germano-suédois. Après le rapprochement de Daimler et de Volvo AB autour de la pile à hydrogène, c’est maintenant Volkswagen (MAN, Scania) qui nous rappelle son union par joint-venture avec le suédois Northvolt AB. Là encore, c’est l’électromobilité qui motive l’aventure industrielle commune. Actuellement, les « usines de batteries » européennes se contentent le plus souvent de mettre en pack des cellules de batterie lithium-ion achetées en Asie. Il s’agit de réduire cette dépendance et de développer la production européenne de cellules. Dans ce domaine, la recherche européenne est active, y compris en France, en particulier au CEA et dans ses spin-off. Créée par deux transfuges de Tesla, Northvolt a immédiatement eu pour objectif la création de la plus grande usine européenne de cellules. Massivement financé par le programme européen InnovFin, le premier projet d’usine impliquait dès 2018 les entreprises Scania, ABB et Siemens. Il était alors prévu qu’elle ait une capacité de production s’élevant à 8 GWh de batteries par an en 2020, puis 32 GWh en 2023. En fait, la fabrication ne débutera qu’en 2021. Ce programme autant que ses capacités annuelles sont fortement inspirés par l’usine Tesla installée dans le Nevada.

Volkswagen installe Northvolt en Allemagne. Alors que la première usine Northvolt est établie en Suède à Skellefteå, la deuxième le sera en Allemagne, à Salzgitter où VW dispose déjà d’une usine. Dès septembre 2019, VW y lançait une ligne d’assemblage pilote pour cellules de batteries en partenariat avec Northvolt. Aujourd’hui, le projet monte en puissance avec la construction d’une usine couvrant 20 ha et représentant un investissement de 900 millions d’euros dont la moitié est apportée par VW. En 2024, ce site devrait produire 16 GWh par an. Parallèlement, VW collabore avec l’américain QuantumScape qui développe la technologie à électrolyte solide. Celle-ci devrait augmenter sensiblement la densité énergétique massique des batteries. Et parce que VW a fait un choix stratégique en faveur de l’électromobilité, le groupe ne tourne pas le dos aux fournisseurs asiatiques et continue d’acheter des cellules aux fabricants chinois (CATL) et coréens (LG, Samsung, SKI). Selon VW, la demande européenne de batteries dépassera 150 GWh par an en 2025. Le groupe souhaite répondre à cette demande sans dépendre exclusivement de fournisseurs asiatiques. Il s’en donne les moyens.

L. F.

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