Youssef Draiss : « Des transports modernes stimuleront l’économie de Casablanca » Pratique et ressources Stratégie

Youssef Draiss, président de Casa Transport.   © DR
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Les Collectivités

Xavier Renard

Youssef Draiss, président de Casa Transport, peut être fier, les délais imposés par le roi du Maroc Mohamed VI ont été tenus, le tramway a été inauguré le 12 décembre 2012. Interview exclusive pour busetcar.com.

Pourquoi ce projet était-il si important pour Casablanca et pour le royaume chérifien ?

Ce projet va au-delà d’une simple offre de transport de masse. Il vient à une période où Casablanca connaît la réalisation de grands projets (marina, nouvelle ville d’Anfa, Morocco mall, offshore, etc). L’ensemble du réseau recommandé par le Plan de Déplacement Urbain, vise à favoriser la mobilité urbaine, et appuyer ainsi la compétitivité économique de la ville, afin de la hisser au rang des métropoles mondiales. Si le Maroc ne modernisait pas rapidement ses transports publics, c’est toute la stratégie sectorielle de Casablanca qui aurait été mise en péril.
 
C’est une révolution pour la capitale économique du Maroc, connue pour ses embouteillages. Comment les Casouis ont-ils accueilli cette première ligne de tramway ?

Avant l’inauguration, nous avons connu un mois de marche à blanc. Sauf quelques exceptions mineures, l’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions, sans entraves, ce qui témoigne de l’adhésion de la population. Cependant, en plus des campagnes de sensibilisation, et du changement de comportement automatique qu’induit le projet, il faut noter que le code de la route régit le tramway, et qu’en cas d’infraction, il s’agira d’appliquer les sanctions adéquates. Nous attendons 250 000 passagers par jour. Pour atteindre cet objectif, il faudra s’appuyer sur l’expérience de Rabat qui a eu au départ beaucoup de peine à remplir les rames de son tramway, qui relie depuis 2009 les rives du Bouregreg. C’est une des raisons pour lesquelles les tarifs ont mis longtemps à être fixé.
 
Pour décongestionner la ville, une deuxième voire une troisième ligne apparaissent essentielles. Où en sont ces projets ?

 
Cette première ligne n’est qu’une première phase d’un vaste projet pour la ville de Casablanca. Le plan de déplacement urbain a recommandé un réseau global de 170km incluant quatre lignes de tramway, d’une ligne en mode capacitaire et d’une ligne de réseaux express routier. Si les problématiques de financement l’avaient permis, la ville de Casablanca aurait lancé l’ensemble de ce plan. Au risque de me répéter, ce n’est qu’avec ces équipements que nous pourrons répondre aux défis de développement, de compétitivité d’une métropole de cette taille. A ce titre, nous avons lancé depuis quelques mois des études visant à déterminer les pourtours de la deuxième ligne, en fonction des besoins prioritaires. Plusieurs scénarios ont ainsi été développés. Le chantier du métro aérien de 15km sur le boulevard Mohamed V, appelé à desservir les quartiers sud, devrait prendre la suite, dès janvier 2013. Il s’agit pour nous de rassurer tous les acteurs sur notre volonté de redonner à Casablanca toute la compétitivité qu’elle avait perdue ces dernières décennies à cause de la congestion urbaine.

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