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Métro automatique: La Métropole de Lille touchera 15 millions d’euros de royalties sur les ventes d’Alstom

Intéressement. La métropole européenne de Lille (MEL) qui n’en finit pas d’essuyer les plâtres du système de gestion des métros automatiques d’Alstom, sera associée financièrement à la vente de ce produit. Elle touchera un «intéressement (…) à la commercialisation du nouveau pilote automatique auprès d’autres clients, en France, en Europe et dans le monde à hauteur de 15 millions d’euros maximum», ont annoncé Alstom et son client la MEL dans un communiqué du 28 juin. Ce système de royalties est assez rare. Il constitue un des volets de l’accord conclu entre les deux partenaires pour solder le conflit lié aux retards accumulés par Alstom. Celui-ci n’était pas au point techniquement à la signature du contrat. En 2012, les élus de la métropole ont choisi le Français en lui attribuant un marché de 266 millions d’euros pour doubler la longueur des rames de la ligne 1 et moderniser la gestion des automatismes. La mise en service aurait du avoir lieu en 2017. Elle est désormais fixée en deux temps:  le nouveau système de pilotage automatique sur les métros existants doit fonctionner en 2021 et en avril 2023 sur les nouvelles rames de 52 mètres. En compensation, Alstom s’engage aussi à payer 23 millions d’euros d’indemnités à son client et à réaliser «une prestation de maintenance d’une valeur de 20 millions d’euros à compter de 2025». Au total, les indemnités de retard d’Alstom pourront donc atteindre jusqu’à 58 millions d’euros, un montant correspondant grosso modo à celui prévu au contrat d’origine.

Conflit judiciaire à chaque étape. Dès le départ, ce contrat est né sous de mauvaises auspices. Dès l’attribution de celui-ci, Siemens qui avait construit le Val de Lille a attaqué en justice la MEL, alors présidée par Martine Aubry. Le constructeur estimait avoir été évincé par un choix politique, alors qu’il était moins cher qu’Alstom d’une dizaine de millions d’euros. Puis le chantier dérapant, la MEL qui au total investit près de 700 millions d’euros si on ajoute les travaux d’infrastructure, s’est à son tour tournée vers la justice pour obtenir une médiation qui a abouti sur cet accord. Entre temps, elle a du reverser 10 millions d’euros à Keolis, l’exploitant du réseau, qui avait fondé son plan d’affaires sur une fréquentation et des recettes qui aurait dû croitre fortement avec le doublement de la capacité de la ligne 1.

M. F.