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Conseils aux voyageurs : la clarification s'impose sur la vigilance renforcée

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"Renforcer sa vigilance" ne signifie pas "vigilance renforcée"! C'est ce qu'explique avec des nuances toutes diplomatiques le ministère des Affaires étrangères français. Aussi infime soit la différence terminologique, elle est d'importance au moment où les annulations de voyages s'emballent.

Comment comprendre les informations transmises par le ministère français des Affaires étrangères aux voyageurs partant vers certains pays étrangers, essentiellement rattachés au monde musulman? D'un côté un message appelant à "renforcer sa vigilance" et de l'autre des cartes dispensant des conseils aux voyageurs portant un avertissement différent. Faut-il croire la carte publiée par le ministère ou le message de "dernière-minute" inscrit par le même quai d'Orsay en tête de la fiche pays des conseils de voyageurs?

C'est par exemple le cas pour la Turquie. Les conseils dispensés aux voyageurs se rendant en terre ottomane commencent par le message suivant : "Dans le contexte de l’intervention de la coalition internationale contre Daech, et face au risque accru d’enlèvements et d’actes hostiles contre les ressortissants des pays membres de la coalition, les Français résidant ou de passage dans le pays sont invités à renforcer leur vigilance."

Messages contradictoires

Selon le code couleurs retenu par le ministère pour préciser ou nuancer ses avis (vert : vigilance normale; jaune : vigilance renforcée ; orange : déconseillé sauf raison impérative ; rouge : formellement déconseillé), le lecteur s'attend donc à trouver sur la carte détaillée de la Turquie au minimum du jaune, voire de l'orange ou du rouge, mais pas de vert. Or, comme le montre ci-contre la carte du 8 octobre 2014 relative à la Turquie, l'essentiel du pays -et particulièrement ses régions les plus touristiques- est toujours classé en vert, sans autre vigilance donc que normale. Comment, dès lors interpréter des messages écrits et cartographiques opposés?

Interrogé sur cette apparente contradiction, le ministère des Affaires étrangères souligne que si les mots sont semblables leur rédaction ne l'est pas. Il y a une différence entre le "renforcer sa vigilance" de l'avertissement de dernière-minute et le "vigilance renforcée" du code couleurs cartographique! La nuance est mince, mais elle est de taille. C'est comme si un niveau intermédiaire faisait son apparition entre le vert de la vigilance normale et le jaune de la vigilance renforcée.

Plus attentif

Pour éviter toute confusion, il aurait fallu comprendre que les touristes à destination de la quarantaine de pays où il est conseillé de "renforcer sa vigilance" devaient simplement se montrer plus attentifs qu'à l'accoutumée. Pour autant, il n'est pas nécessaire d'aller au-delà en visitant les zones situées en vert sur les cartes du Quai d'Orsay. En revanche dans les zones géographiques repérées en jaune, orange ou rouge, il faut que les touristes français soient encore plus prudents en faisant preuve de "vigilance renforcée" en zone jaune ou en évitant carrément les zones en orange "sans raison impérative" ou en rouge qu'il est "formellement déconseillé" de fréquenter. 

Ce sont donc bien les cartes qui font foi pour le quai d'Orsay, l'appel n'étant qu'une invitation à davantage d'attention! Concrètement, selon les explications fournies par le ministère, le touriste "renforce sa vigilance" s'il consulte les conseils aux voyageurs du ministère avant de partir, s'il s'informe de l'actualité de la destination, s'il s'inscrit sur l'application "Ariane" pour recevoir éventuellement des SMS d'alerte en cas d'événement politique, s'il évite des quartiers périphériques peu fréquentables en se baladant dans une grande ville. Dans les zones à vigilance renforcée repérées en jaune sur la carte, il faut être encore plus prudent que ça, notamment dans ses pérégrinations et ses contacts.

Les cartes géographiques ont le dernier mot

Avec ces nuances, la carte de la Turquie peut donc largement demeurer colorée de vert, de même que celles du Maroc, du Sultanat d'Oman, de la Malaisie, des Emirats arabes unis, dont Dubai, même s'il convient d'y être plus attentif depuis que la France combat officiellement Daech, "l'Etat islamique" autoproclamé à cheval sur les décombres de la Syrie et de l'Iraq.

C'est aussi pour ces mêmes raisons que des pays comme l'Afghanistan, le Pakistan ou encore la Libye demeurent entièrement en rouge sur la carte, comme tous les pays formellement déconseillés. Au regard des dangers potentiels, il est effectivement préférable, en se rendant dans ces pays, de ne pas s'en tenir aux messages ministériels de fin septembre appelant à "renforcer sa vigilance" et de consulter la carte.


(*) Une enquête sur les conséquences pour le monde du tourisme des crises géopolitiques ou médicales sera publiée début novembre dans notre numéro 39 de Tourisme de groupe.

Auteur

  • Stéphane Jarre
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