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Déconfinement: pas de traçage efficace sans une forte adhésion sociale

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Historique des relations sociales. La France devrait avoir sa propre application de traçage numérique, capable de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif (du moins quand la France aura généralisé les tests). C’est ce qu’ont indiqué dans un entretien au Monde le ministre de la Santé, Olivier Véran, et le secrétaire d'État au Numérique, Cédric O, en révélant que le Gouvernement planchait sur un projet baptisé StopCovid. Il vise à «développer une application qui pourrait limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission» tout en étant respectueuse de la vie privée et des libertés individuelles, détaille Cédric O. L'application s'appuie sur la technologie Bluetooth, qui permet aux Smartphones d'identifier des appareils à proximité (écouteurs, enceintes, imprimantes...), et non le recueil de données de géolocalisation par GPS. «Elle retracera l'historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée», rassure le secrétaire d'État au Numérique. Cette solution est également préconisée par le groupement de chercheurs européens du consortium PEPP-PT. Son efficacité pourrait être toutefois remise en cause en cas de défaut d'adhésion de la population, si l’on se fie à la note que vient de remettre aux députés l’ancien secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi.

60% d’adhésion. Le document «Traçage des données mobiles dans la lutte contre le Covid-19», d’une quarantaine de pages, dresse un comparatif des différentes méthodes employées par pays en indiquant les avantages et les limites en termes d’efficacité et de respect des libertés individuelles. Le recours aux données de bornage (signal téléphonique capté par les antennes-relais), utilisé à Taïwan, en Israël et en Corée s’effectue sans autorisation pour surveiller les déplacements de population, mais reste très intrusif, peu précis et donc moyennement utile pour le suivi individuel des malades. Le recours aux données GPS offre plus de précision pour le suivi individuel des malades (30cm à 5m) mais pose des problèmes de respect des données (appareil géolocalisé et identifié) et il faudrait que 60% au moins de la population l’utilise pour qu’il s’avère efficace. Un seuil difficile à atteindre. «Une solution alternative serait de rendre l’installation obligatoire, au détriment toutefois des libertés individuelles», souligne Mounir Mahjoubi. Solution alternative: le Bluetooth, qui offre une précision inférieure à 10 mètres, même dans les espaces souterrains (métro), sans géolocalisation et respectant l’anonymat, mais là encore il faudrait au moins 60% d’adhésion. «Les autorités pourraient aussi être tentées de recourir à des mesures coercitives pour motiver les installations, telle qu’une obligation d’usage.» Autre cas d’usage, le traitement des données par vidéosurveillance (peu applicables), le contrôle des données par carte bancaire (peu utile) et le contrôle des confinements individuels de malades, qui semble assez intrusif selon les méthodes employées à Taïwan (appels inopinés), Pologne (appel avec selfie obligatoire) ou Hong Kong (bracelet électronique). Un déconfinement rapide pourrait donc malmener pendant un certain temps les principes de vie privée.

G. H.

Auteur

  • Grégoire Hamon
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