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Europe: le coronavirus, menace pour le Green Deal?

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Renoncer coûterait plus cher. La semaine dernière, la République Tchèque et la Pologne ont souhaité que l’Europe repousse son Green Deal, dont le coût annoncé de 1.000 milliards d’euros sur dix ans risque de peser encore plus sur les finances des pays membres en cette période de crise. Le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, a ainsi conseillé aux États membres de concentrer toutes leurs ressources pour lutter contre le Covid-19 et assurer la sauvegarde de leurs entreprises. «l'Europe devrait maintenant oublier le Green Deal et se concentrer sur le coronavirus», a-t-il déclaré la semaine dernière. Un avis d’autant plus motivé que la République Tchèque, comme de nombreux pays d’Europe centrale, compte une industrie minière florissante qui sera mise à mal par l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050. La proposition de M. Babiš a toutefois été rejetée. «Comme nous l'avons indiqué lors de la présentation du Green Deal, à long terme, le coût de l’inaction sera plus élevé que le coût de l'action – que ce soit en termes économiques, sanitaire ou écologique. Et le fait d’avoir inscrit cet objectif climatique sous forme législative permettra justement d’éviter qu’il soit remis en cause par des problèmes plus immédiats», a rétorqué un porte-parole de la Commission européenne. Une réponse approuvée par Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du Green Deal.

Principe de réalité. Maintenu, le Green Deal verra toutefois sa mise en application repoussée de plusieurs semaines, rapporte le média Euractiv: avec un retard à l’allumage, Bruxelles semble heureusement accorder la priorité de ses moyens à la gestion de la crise du coronavirus. Mais la résolution de l’urgence sanitaire ne pourra s’effectuer au détriment de l’urgence écologique, a rappelé le 19 mars le secrétaire général de l'ONU, António Guterres: «Lors de la gestion de cette crise, nous avons une opportunité unique d’orienter la reprise vers une voie plus durable et inclusive», a-t-il indiqué. Un vœu pieux qui se heurtera sans doute aux contraintes économiques. Lors du lancement de leurs futurs appels d’offres, les collectivités auront-elles encore les moyens de promouvoir des bus propres qui coûtent deux à trois fois plus cher que des véhicules diesel ?

G. H.

Auteur

  • Grégoire Hamon
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