Rencontre avec Jean-Jacques Ferrara, élu président de la communauté d’agglomération du pays ajaccien. Il détaille les motivations et les objectifs de la collectivité à travers la création de la SPL d’Ajaccio et de son adhésion au réseau Agir.
Jean-Jacques Ferrara: La Capa n’était pas satisfaite des conditions de gestion des transports urbains. Le groupe de transport auquel était adossé notre contrat avait multiplié, sur les dernières années, les changements de direction, et avait par ailleurs, au fil de la DSP, externalisé de plus en plus de missions qui étaient anciennement gérées par la société locale (TCA) et qui progressivement étaient reprises par le groupe. Il apparaissait indispensable aux élus de l’agglomération de rapatrier le centre décisionnel et les missions dans la société locale, pour en augmenter la compétence et permettre d’en faire un outil au service du projet de développement local de l’agglomération.
J.-J. F.: Il s’agit avant tout d’améliorer la qualité du service public, de revoir le réseau pour s’adapter au développement de l’agglomération, de remobiliser les personnels autour d’un véritable projet d’entreprise. Enfin, nous souhaitons aussi tirer vers le haut l’image de marque des transports urbains. Toutes ces démarches seront coordonnées au travers de deux actions qui se dérouleront en même temps: la création de la SPL et la révision du PDU de l’agglomération.
J.-J. F.: Pour les élus de la Capa, la SPL présente le double avantage d’être un outil totalement local et piloté par les collectivités, comme pourrait l’être une régie, mais aussi une société spécifique qui peut donc développer à ce titre un vrai projet d’entreprise. La SPL, bien que publique, est, comme son nom l’indique, une société, et à ce titre doit respecter les règles du monde de l’entreprise.
J.-J. F.: Le montage de la SPL, sa mise en place effective, la réalisation des statuts et la constitution du capital sont autant de missions qui ont été mises en place par l’encadrement de la Capa. Celui-ci a largement été aidé par les services du groupement Agir. Par-delà cette phase de mise en place, les ressources humaines permettant de gérer la SPL sont constituées d’une part des salariés actuels présents dans l’entreprise, et d’autre part, par de nouveaux salariés. Les ressources internes de la Capa resteront mobilisées, mais uniquement pour faciliter la mise en place effective de la SPL, et par ailleurs pour en exercer le contrôle analogue.
J.-J. F.: la création de l’outil est en cours, et nous comptons utiliser les quatre derniers mois de l’année pour le faire fonctionner de manière opérationnelle. En même temps, nous comptons bien commencer à améliorer techniquement le réseau. À partir de 2017, il s’agira d’améliorer l’organisation générale de la société, de faire évoluer l’organisation et le management, de revaloriser son image de marque vis-à-vis de l’extérieur, mais aussi de valoriser les hommes et les femmes qui la composent. Pour cela, la Capa et la ville d’Ajaccio travailleront ensemble pour que le nouveau plan de circulation de la ville centre fasse une véritable place aux transports en commun.
J.-J. F.: Globalement bien, dans la mesure où les différents modes de gestion pouvant faire suite à la DSP ont fait l’objet d’analyses techniques partagées dans le cadre d’ateliers participatifs qui se sont échelonnés sur plusieurs mois dès septembre 2015.
J.-J. F.: Pour nous, l’accompagnement par Agir de la Capa est totalement indispensable. S’agissant d’un domaine – les transports en commun – très spécifique et fortement encadré, la Capa a trouvé chez Agir des spécialistes de haut niveau sans lesquels le travail n’aurait pu être réalisé dans les délais impartis. Au-delà de l’aspect technique, la Capa a aussi trouvé chez Agir une philosophie de l’action qui correspond à la sienne, et qui consiste à inscrire les transports en commun dans une logique de véritable service public, pleinement assumé et organisé par les collectivités elles-mêmes.
