Silence on roule. De la Canebière au quartier d’affaires Euroméditerranée en passant par le Vieux port, la ligne 82 de la RTM est exploitée exclusivement avec des bus électriques depuis le 6 juin.
« Nous sommes la première ville française à exploiter une ligne fonctionnant uniquement avec des bus électriques, alors que d’autres bus exploitent des lignes mixtes avec des bus thermiques et électriques », se félicite Pierre Reboud, directeur général de la RTM. Au total, six bus ont été livrés par le constructeur basque espagnol Irizar, qui enregistre ainsi sa plus grosse commande. « Nous en avons livré trois à Saint-Sébastien, deux à Barcelone, deux autres à Londres, et nous avons réalisé un test fin 2015 durant trois mois à Paris dans le cadre de la préparation d’un appel d’offres qui sera lancé en 2017. Nous construisons une vingtaine de bus par an », explique le directeur général d’Irizar, Hector Olabegogeaskoetxea, présent à Marseille pour l’événement.
Ces bus de 70 places disposent d’une autonomie de 12 à 16 heures et peuvent rouler 240 km, la seule difficulté étant le chargement du nombre des bus électriques. « La recharge est un sujet sérieux, car ils demandent une puissance électrique considérable », note Pierre Reboud. C’est la raison pour laquelle la RTM a noué un partenariat avec le centre de recherche d’EDF. « Nous travaillons avec EDF pour tester les recharges à l’échelle d’un dépôt. Recharger 120 bus nécessite une puissance de 10 mégawatts, soit la puissance du métro », détaille François Agier directeur général adjoint de la RTM.
Cette ligne expérimentale pourrait donc être généralisée à la faveur d’un saut technologique. La RTM et la métropole Aix-Marseille-Provence, son autorité organisatrice, envisagent dans la prochaine décennie le passage progressif à un parc autobus totalement électrique.
