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Innovation

Bordeaux s’impose dans les transports intelligents

L’organisation du congrès mondial des ITS en octobre dernier a permis à l’Aquitaine de présenter la richesse de son écosystème: start-up, PME, industriels, écoles, laboratoires de recherche… Une présentation qui a fait mouche auprès d’Ixxi, la filiale du groupe RATP.

Le 19 mai, Ixxi a inauguré sa première implantation hors Île-de-France. La filiale digitale de la RATP a choisi Mérignac, dans la banlieue bordelaise, pour ouvrir un bureau dédié aux développements informatiques. Alain Rousset, président du conseil régional d’Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes, n’a pas caché sa satisfaction: « On est bien content d’avoir fait la nique à Nantes. Il y a quelques années, nous avions perdu face à eux pour l’installation du centre informatique de la SNCF. Mais désormais, avec l’arrivée de la ligne à grande vitesse en 2017 et notre centre universitaire qui s’est renforcé, nous n’avons plus à rougir ». L’agglomération bordelaise et la région Aquitaine se positionnent comme à l’avant-poste dans le domaine des systèmes de transport intelligents (STI, ou ITS en anglais pour intelligent transportation systems).

Comment expliquer qu’une filière quasi inexistante sur ce territoire il y a quelques années affiche aujourd’hui des ambitions aussi fortes?

Bordeaux devant Milan et Copenhague

Tout a débuté il y a 10 ans avec la création de Topos. « À l’origine, ce cluster était principalement dévolu à la géolocalisation et aux retombées à attendre de Galileo », explique Frédéric Laurent, chargé de mission mobilité intelligente au conseil régional. « Mais Galileo a pris du retard et il a été décidé d’orienter Topos sur les transports intelligents. » Un mélange de pragmatisme (le retard du programme Galileo) et d’opportunisme (le développement des ITS) a convaincu le conseil régional et la cinquantaine d’adhérents du cluster de revoir leur priorité. « Nous avons voulu exister de façon plus visible, et pour ce faire, nous avons candidaté au congrès mondial ITS », poursuit Frédéric Laurent. « Nous avons fonctionné comme un commando, joué l’union sacrée entre les élus locaux et préparé un dossier très complet. Et nous avons gagné face à Milan et Copenhague! » L’organisation de cet événement d’envergure planétaire, qui réunit plus de 10 000 professionnels du secteur, a considérablement accéléré la constitution de la filière ITS en Aquitaine.

30 PME régionales labellisées ITS

Du 5 au 9 octobre 2015, la ville de Bordeaux est devenue la capitale mondiale des ITS. À l’entrée du salon, deux immenses stands profitaient d’une visibilité exceptionnelle: celui de BGI, l’agence de développement économique de Bordeaux Métropole, et surtout, celui de l’Aquitaine où une trentaine de PME régionales exposaient leur savoir-faire. On y trouvait le véhicule connecté Ampool, la voiture électrique sans pilote d’Akka Technologies, le vélo à hydrogène de Pragma Industries, le drone médical de Drone for Life, ainsi que de nombreuses start-up spécialisées dans les logiciels et le data. Un peu plus loin, le pôle de compétitivité régional Aerospace Valley offrait également une belle visibilité à ses membres, spécialisés dans la navigation par satellite. « Nous avons œuvré pour mobiliser la filière et créer une émulation entre les membres », déclare Florence Ghiron, présidente de Topos. C’est d’ailleurs lors du congrès ITS que les premiers contacts ont été établis entre les représentants d’Ixxi et ceux du conseil régional d’Aquitaine.

Les cinq jours du congrès ont constitué une énorme caisse de résonance pour les acteurs de la filière ITS en Aquitaine. « Nous avons organisé plus de 33 démonstrations, dont des premières mondiales », se souvient Florence Ghiron. « Nous avons discuté avec les leadeurs mondiaux du secteur et avons pu leur montrer la richesse de notre écosystème: start-up, PME, industriels, écoles, laboratoires de recherche. »

C’est précisément cette complémentarité entre les différents acteurs de la filière qui a séduit Pascal Auzannet, président d’Ixxi: « En nous installant à Bordeaux, nous faisons le choix d’une ville très dynamique dans le secteur des ITS et du numérique, et qui dispose d’une main-d’œuvre hautement qualifiée en ce domaine ». Une convention de partenariat a d’ailleurs été signée, le 19 mai, entre Ixxi et l’école ENSEIRB-MATMECA (école nationale supérieure d’électronique, informatique, télécommunications, mathématique et mécanique de Bordeaux). « Nous formons des ingénieurs en informatique, électronique, télécoms, simulation numérique, réseaux et systèmes embarqués », explique Marc Phalippou, directeur de l’école, « pour l’instant, Ixxi recherche essentiellement des informaticiens, mais à terme, la plupart des compétences que nous proposons devraient les intéresser ». L’objectif du partenariat est de favoriser les interactions à travers des séminaires et des cours, l’organisation de chalenges type hackathon, ou la mise à disposition de structures Ixxi pour les projets pédagogiques « génie logiciel ».

Ouverture de la Cité numérique en 2017

La filière numérique dispose d’un terreau favorable dans l’agglomération bordelaise, avec la présence de laboratoires (LaBRI: Laboratoire bordelais de recherche en informatique, Inria: Institut de recherche en sciences du numérique) ou d’écoles (EINSERB-MATMECA, ENSC: École nationale supérieure de cognitique, Estei: École supérieure des technologies électronique, informatique et infographie, etc.). À noter que cette filière, qui a décroché le label French Tech, compte de nombreuses start-up, dont beaucoup sont hébergées au sein d’espaces d’incubation et/ou d’accompagnement: l’Auberge numérique (incubateur d’AEC, l’agence aquitaine du numérique), la pépinière écocréative des Chartrons, le campement Darwin, le quartier digital des Bassins à flot, des espaces de coworking et des technopoles. Fin 2017, Bordeaux French Tech profitera, à Bègles, d’un bâtiment totem de 27 000 m2: la Cité numérique. On y retrouvera des entreprises, un incubateur, des écoles, etc.

Pour profiter de l’élan impulsé durant le congrès ITS, Alain Rousset a décidé de la création d’un living lab dédié aux transports intelligents. « Il s’agit d’un pas supplémentaire pour la région, à côté de sa compétence transport », expliquait le président du conseil régional lors du lancement du projet, « nous avons trois préoccupations: accélérer de nouveaux usages, développer des technologies, et donc des emplois, et animer un lieu de réflexion ».

Une étude d’opportunité et une étude de faisabilité aboutiront cette année. Elles permettront de préciser le contenu de ce laboratoire des usages, qui devrait être multisite: « Le siège devrait être installé à Bordeaux, avec des sites d’expérimentation dans plusieurs villes comme La Rochelle ou Dax », précise Frédéric Laurent. « Par ailleurs, nous dialoguons avec les collectivités et les entreprises pour connaître leurs attentes ». Des discussions sont en cours avec de grands groupes comme Fayat, Keolis, Alstom, Atos, Akka et Thales. Tous sont présents à Bordeaux et souhaitent se développer sur le secteur des ITS. « Il nous manquait un porte-drapeau, nous en aurons peut-être plusieurs! », se réjouit à l’avance Florence Ghiron.

Le cluster d’innovation Topos

Dédié aux transports intelligents, Topos revendique 55 adhérents. Parmi eux, on peut citer les start-up Qucit (prédiction de disponibilité des vélos en libre-service), Parking Facile (places privées de parking accessibles depuis son téléphone), Bonus Drive (covoiturage), et de nombreux spécialistes de la cartographie et de la géolocalisation: DMIC, Geoloc Systems, Geosat, GMT Éditions, etc. L’Aquitaine compte également des spécialistes de la gestion des routes, BMIA (simulation 3D de trafic temps réel), Gertrude (régulation du trafic), ainsi que le centre de recherche et développement d’Eurovia qui planche sur la route intelligente. On trouve aussi plusieurs éditeurs de logiciels et de spécialistes des drones. « Plusieurs grands groupes nous ont fait part de leur intérêt de s’impliquer dans la filière des ITS, témoigne Florence Ghiron, présidente du cluster. « On peut citer Fayat, Keolis, Alstom, Atos, Akka et Thales. Un autre enjeu pour l’avenir est de nous rapprocher des entreprises de la filière énergie, comme Lafon Technologies, EVTronic, Saft ou Hydro-Québec. »

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Auteur

  • Yann Buanec
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