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Exit la médiocrité

Au fond, ce qui interpelle le plus dans le grand chambardement né du Brexit, ce n’est pas tant le choix des habitants du Royaume-Uni – après tout, il y a si longtemps que l’on nous rappelle « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » – que la relative impréparation de tous les acteurs de ce nouvel épisode de la vie européenne. Qu’ils aient gagné ou perdu leur pari, ils ont tous l’air surpris du résultat. Un peu comme si l’UE d’aujourd’hui était, à leurs yeux, l’alpha et l’oméga de l’organisation politique d’un continent, et que toute autre conception organisationnelle s’avérait totalement impossible. Une si courte vue – et la méthode Coué qui va avec – ne lasse pas de surprendre, surtout venant d’un tel aréopage de responsables politiques si prompts à vouloir laisser leur nom dans l’histoire. Que les raisons qui ont poussé le peuple britannique à faire ce choix soient bonnes ou mauvaises ne nous appartient pas, la moindre des choses eut été qu’une alternative au résultat souhaité soit clairement envisagée et présentée à tous les citoyens concernés par l’événement. La surprise, l’angoisse, voire l’affolement que nous découvrons relèvent plus d’une gestion de boutiquiers que d’une vision d’hommes (et de femmes) d’État.

Comment comprendre le grand mouvement de réformes que l’on nous promet désormais, sans l’interpréter comme le résultat de la panique d’institutions qui voient sévèrement remis en cause leur légitimité et leur immobilisme coupable depuis 40 ans? Aussi exaspérante soit-elle parfois, l’activité technocratique de la Commission européenne n’est que le fruit de la volonté – ou d’une absence de volonté – de tous les responsables européens. Au fond, chacun est parfaitement dans son rôle, l’administration (dans ce cas supranationale) produit des règlements quand le pouvoir donne les impulsions nécessaires, le tout sur la base d’une vision de l’avenir partagée par le plus grand nombre (la démocratie en somme…). Le grand choc du moment vient sans doute de l’oubli de cette règle élémentaire. Voilà que nos élus, plus habitués à nous noyer sous des données économiques à géométries très variables, vont devoir se remettre à parler d’Europe en termes politiques. Et au sens noble du terme! On comprend leurs angoisses, car voilà bien un domaine qu’ils avaient tristement abandonné aux seuls populistes.

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Auteur

  • Pierre Cossard
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