À l’approche des élections présidentielles, les acteurs du transport public partent en campagne. Après Rail 2020, ateliers débats de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) sur l’avenir du transport ferroviaire, c’est au tour du Gart (Groupement des autorités responsables de transport), de l’UTP (Union des transports publics), de TDIE (Transport-Développement-Intermodalité-Environnement), de Régions de France (ex-ARF), de la FNTV (Fédération nationale des transports de voyageurs) et de la Fnaut de sensibiliser les candidats aux vertus de la mobilité durable. C’est ainsi qu’au mois de juin, ces organisations représentantes de la profession ont lancé les états généraux de la mobilité durable. Une consultation sur Internet a déjà permis de recueillir 468 contributions émanant des autorités organisatrices, d’associations d’usagers, d’opérateurs de transport et d’ONG, à l’instar de France Nature Environnement.
Ces premières propositions serviront de matière première aux organisateurs pour la deuxième étape des états généraux, à savoir six réunions publiques en province (Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes et Strasbourg) qui auront lieu du 26 octobre au 22 décembre. Les différents échanges seront restitués dans un document de référence découpé en cinq grandes thématiques: la qualité de service, la transition énergétique et la santé publique, le financement et le modèle économique, l’intermodalité et la multimodalité, la desserte des territoires peu denses (rural, périurbain). L’ensemble sera présenté au Sénat courant mars 2017, dans le cadre d’une réunion nationale à laquelle les candidats à la présidentielle seront invités.
Faire entrer le transport public dans le débat public national n’est pas gagné d’avance. « Les transports ne sont pas la priorité de ceux qui aspirent à la charge suprême », reconnaît, lucide, Louis Nègre, président du Gart. Pourtant, comme il le rappelle: « Les transports font partie du quotidien des 66 millions de Français, l’Hexagone a la chance d’avoir les meilleurs opérateurs de transport de la planète et des industriels qui vendent dans le monde entier ». Philippe Duron, président de TDIE, observe aussi ce désintérêt pour le sujet depuis plusieurs années, sans pour autant l’expliquer. « Il est très curieux que ces questions ne fassent pas l’objet d’un débat national, à l’instar de ce qui se passe dans les régions où les transports sont au cœur des échanges avec les citoyens ».
La mobilité est pourtant au cœur des enjeux de la société actuelle. Au-delà du prix du ticket de métro, devenu symbolique à l’instar de la baguette de pain et du pouvoir d’achat des Français, elle pose la question du modèle de société que l’on veut pour demain. Des déplacements centrés sur l’utilisation de la voiture individuelle, laquelle représente aujourd’hui 80 % des déplacements? Ou des transports en commun plus efficaces, plus sûrs et plus verts, couplés à des modes doux (vélo, trottinette, marche à pied) et partagés (covoiturage, autostop organisé, navettes autonomes)?
