Performances Davantage de lignes, une fréquence accrue, des bus mieux équipés… 2015 est plutôt un bon cru pour le réseau Optile. À l’occasion de la publication de ses statistiques annuelles, Thierry Colle met ces chiffres en perspective et analyse les enjeux à venir pour les 70 entreprises du réseau, à l’aune du Grand Paris des Bus et de l’ouverture à la concurrence de 2024.
Thierry Colle: Optile est l’organisation professionnelle des transports d’Ile-de-France. Elle compte aujourd’hui 140 réseaux et 70 dépôts, principalement dans les départements de la grande couronne (Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val d’Oise) et, dans une moindre mesure, dans les trois départements de la petite couronne [Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, ndlr]. Ces réseaux sont opérés par 70 entreprises. Transdev pèse à lui seul 50 % d’Optile. Il est suivi par Keolis et RATP Dev qui représentent respectivement 20 et 15 % de l’ensemble du réseau. Si l’on ajoute à ces grands groupes, les PME Lacroix, Savac et Procars, on dépasse les 98 % d’Optile. Les 1 à 2 % restants sont assurés par une dizaine de TPE, comme les Cars Perron ou les Cars Dunois.
T. C.: On note un développement important de l’offre entre 2011 et 2015. En cinq ans, le nombre de départs par jour a augmenté d’environ 12 %. On note un début de rattrapage et de mise à niveau des services de bus sur les week-ends. Cette augmentation de l’offre s’est accompagnée d’une hausse de la fréquentation. Cela montre qu’il y a de vrais besoins et une forte attente des usagers.
T. C.: En 2015, sur une flotte de 4 963 véhicules, Optile comptait 93 bus au GNV, 27 hybrides et 4 électriques. C’est très marginal. Mais le mouvement vers les nouveaux carburants a été enclenché par le Stif il y a seulement deux ans. Aujourd’hui, il a engagé une réflexion avec les entreprises pour expérimenter et développer de nouveaux modes.
L’autorité organisatrice se demande également s’il est utile de passer par une phase hybride ou s’il ne serait pas plus judicieux d’aller directement sur du pur électrique. L’hybride présente certes un certain nombre d’avantages, mais ce n’est pas forcément le mode le plus pertinent à moyen terme. En effet, l’électrique est plus cher à l’achat, mais l’investissement de départ peut être amorti par les économies d’exploitation générées. C’est le travail des entreprises de vérifier dans quelles conditions le passage aux véhicules électriques pourrait être intéressant. Mais c’est au Stif que revient l’arbitrage politique.
T. C.: Le Stif est actuellement en phase de consultation
T. C.: Le marché francilien du transport de voyageurs en bus (Optile et RATP Bus) pèse 2 Md€ de chiffre d’affaires et s’appuie sur une flotte de 10 000 véhicules. Le secteur a été marqué par une forte concentration depuis une vingtaine d’années. La tendance est toujours d’actualité. En janvier dernier, Keolis a racheté les Transports Daniel Meyer, et il est possible que d’autres acquisitions se concrétisent dans les mois à venir. Face à l’ouverture à la concurrence qui approche, la question se pose pour les PME de savoir comment elles se positionneront. Les PME, dont la survie se joue parfois à un seul appel d’offres, ont beaucoup plus à perdre que des grosses structures telles que la RATP. Pour se positionner par rapport au Stif et remporter ces appels d’offres, elles devront en tout cas être en mesure d’offrir le meilleur service au meilleur coût.
(1) Lire l’article « Valérie Pécresse lance le Grand Paris des Bus », Connexion Transports–Territoires n° 1011.
