Après quatre mois de concertation populaire, le Stif, présidé par Valérie Pécresse, dévoile les 45 lignes du réseau de bus parisien qui seront modifiées. Prévu pour 2018, le Grand Paris des Bus visera l’efficacité d’un réseau global entre Paris et sa banlieue.
Le projet de renouvellement du réseau d’autobus de la capitale prend forme. Quatre mois après la concertation populaire lancée par le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) et moins de deux mois après le conseil du Stif du 6 décembre 2016, sa présidente, Valérie Pécresse, qui est aussi présidente de la région francilienne, tente de mener à terme son Grand Paris des Bus. Le 1er février dernier, elle a présenté à la presse un schéma complet et presque définitif du nouveau réseau des lignes de bus de la capitale et de sa banlieue. Un projet ambitieux, qui met fin à l’organisation qui avait été mise en place entre 1945 et 1951. « Depuis presque soixante-dix ans, les tracés des lignes du bus à Paris sont restés les mêmes alors que le centre de Paris a beaucoup changé, avec une forte déconcentration de la population et des emplois, a déclaré Valérie Pécresse lors de la conférence de presse. J’ai fait le choix de sortir de l’immobilisme et d’engager une révolution du bus à Paris. C’est pourquoi nous avons fait une vaste concertation des Franciliens, et notamment des Parisiens. Nous voulons coller au plus près des besoins des voyageurs pour disposer d’un réseau efficient […], pour promouvoir des aménagements de qualité, des gares, des places du Grand Paris et pour résorber les points noirs de la circulation. »
Clairement, le projet vise à dépasser les disparités territoriales en créant un réseau global. Pour cela, le Stif s’est fixé huit objectifs, à la fois économiques et stratégiques: réduire le nombre de lignes; rééquilibrer la desserte; augmenter l’offre; améliorer la desserte; améliorer l’efficacité; faciliter les correspondances; rendre le réseau plus lisible et accélérer la transition énergétique.
Entre septembre et décembre 2016, près de 2 000 avis de Franciliens et de collectivités ont été collectés. Si plusieurs centaines de pétitions ont fleuri pour le maintien de certaines lignes, ce qui est peu au regard de la population concernée, elles n’ont pas empêché le tracé francilien de s’affirmer. De fait, 49 lignes de bus entrent ou sortent de Paris pour circuler en banlieue. De plus, sur le 1,9 million d’usagers d’autobus, 33 % sont Franciliens, soit 630 000 voyageurs, et 37 % des voyages quotidiens sont en relation avec la région, soit 407 000 voyages par jour. Nombre d’entre eux s’effectuent en direction des aéroports de l’Île-de-France. Valérie Pécresse se sent donc doublement en droit d’organiser le réseau des bus parisiens dans l’optique de faciliter tout autant les trajets des Franciliens que des Parisiens. Ainsi, sur les 59 lignes importantes, 45 seront modifiées. Le tracé de 22 d’entre elles a été validé et les 23 autres restent à l’étude. En même temps, 12 lignes, dont la 71, seront créées. Le nouveau réseau présentera de grandes lignes structurantes traversant la capitale, des lignes radiales partant des grands pôles parisiens vers la banlieue et des lignes circulaires formant rocade.
Conséquence de cette stratégie globale, la présidente du Stif devra négocier avec la Mairie de Paris et la RATP pour leur faire accepter son nouveau schéma de transport. Et elle se donne jusqu’au 30 avril pour cela. La Ville de Paris devra aménager sa voirie et la RATP trouver de nouveaux entrepôts pour ses bus. D’ores et déjà impliquée dans les appels d’offres de véhicules électriques qui émailleront l’année 2017 pour renouveler les flottes parisiennes et franciliennes afin qu’elles soient 100 % propres en 2025, la RATP accompagnera le Stif dans sa révolution des transports. Le changement de propulsion justifiant des aménagements, le déménagement des entrepôts de bus ne constituera pas un obstacle. En revanche, la maire de Paris Anne Hidalgo pourrait être moins facile à convaincre. Non seulement la Ville de Paris devra adapter sa voirie au nouveau réseau, mais l’arrivée de bus électriques pourrait avoir des incidences telles que l’installation de bornes électriques, voire de plates-formes de rechargement à induction s’il s’avérait que les bus choisis par le Stif et la RATP nécessitent ce genre d’installation.
En outre, et même si elle est à l’origine de la transition énergétique dans Paris, Anne Hidalgo n’aura pas oublié que son propre projet de bus électrique sur les voies sur berge a été retoqué par le Stif. La négociation pourrait donc être tendue et Valérie Pécresse aura bien besoin des mois de mars et avril pour convaincre la maire de Paris. Passé ce délai, la RATP et la Mairie de Paris auront jusqu’à fin 2018 pour adapter leurs environnements respectifs au nouveau réseau, puisque Valérie Pécrese prévoit sa mise en place à cette période.
• 59 lignes de bus, dont 49 lignes assurent des liens entre Paris et la Petite Couronne ou les aéroports.
• 1 584 bus en circulation en 2016, soit 34 % du parc de bus de la RATP.
• 1,9 million d’utilisateurs/jour en Île de France et 1,1 million de voyages/jour sur les lignes parisiennes.
• 800 000 voyages le samedi et 500 000 voyages le dimanche.
• 67 % des voyageurs sont des résidents parisiens, 64 % de femmes, 52 % d’actifs, 33 % de personnes entre 35 et 54 ans.
• Des déplacements de 2,5 km en moyenne par voyage.
• 27 % des usagers font une correspondance avec le RER ou le métro
• 63 % des déplacements se font de Paris à Paris et 37 % avec le reste de l’Île-de-France
• 48 % des voyages sont liés au travail ou aux études et 52 % aux déplacements personnels (loisirs, démarches, etc.)
