Saga Pour la famille Archambault, l’activité transport de personnes commence dès 1934 à Chinon. Aujourd’hui, la société Archambault Frères prospère en Indre-et-Loire en diversifiant ses marchés: des ramassages scolaires ruraux jusqu’aux deux réseaux urbains, en passant par les lignes qui desservent quotidiennement la centrale nucléaire de Chinon. De plus, depuis près de quarante ans, elle a aussi grandement développé le grand tourisme pour les groupes.
Tous les matins, vers 6 heures, Patrick et Florent Archambault, les deux dirigeants de la SARL Archambault Frères, arrivent à leur dépôt de La Roche-Clermault (37), au siège de l’entreprise. Patrick court prendre le volant… de son car scolaire, pour faire son circuit quotidien. « Je n’y suis pas obligé, mais moi j’aime bien. Cela me permet notamment de rencontrer d’autres conducteurs. Je m’occupe de la ligne qui part d’Avoine vers le lycée de Chinon », explique-t-il. Chez les Archambault, on sait tout faire. « J’ai un CAP de mécanicien, et mon frère Florent un CAP en carrosserie. Je suis entré dans l’entreprise, que dirigeait à l’époque mon père, comme mécano. Ma première fiche de paye date de 1979. »
La saga familiale dans le transport de personnes débute, elle, en 1934. Jean et Georgette Archambault, les grands-parents, créent leur activité à Saint-Germain-sur-Vienne (37), grâce à une camionnette de quinze places qui dessert le marché de Chinon depuis la rive gauche de la Vienne. Durant plus de vingt ans, ils vont œuvrer principalement pour les dessertes de Chinon, puis de Saumur. Mais c’est à partir de la fin des années 50, lorsque EDF commence la construction du premier réacteur nucléaire à usage civil en France, sur les rives de la Loire, très précisément sur la commune d’Avoine, que la société va développer d’autres lignes régulières et quotidiennes. Dès le début des travaux en 1957, et jusqu’à la mise en service en 1963, il s’agira de transporter les multiples intervenants sur ce vaste chantier. Puis, ensuite, les nombreux agents s’occupant du fonctionnement de la centrale.
À leur décès, en 1959, Jean et Georgette Archambault laissent à leur fils Jean-Claude et à son épouse Jeanine les commandes de l’entreprise. Ceux-ci vont la développer avec, entre autres, la reconduction des lignes dédiées à la centrale nucléaire, un secteur grand tourisme (ouvert dès 1980 avec un premier voyage de groupe à Rome), et des transports scolaires. Enfin, c’est en 1988 que Patrick et Florent, les deux fils de Jean-Claude et Jeanine, créent la SARL Archambault Frères.
À la direction des activités du groupe, ils se voient dans l’obligation d’aller conquérir de nouvelles lignes. « Dans les années 90, EDF nous a demandé de prendre d’autres marchés, car nous étions trop dépendants d’eux. Nous avions des lignes scolaires, mais EDF était alors notre plus gros client. Cela dépassait les 50 % de notre chiffre d’affaires. Aujourd’hui, c’est plutôt de l’ordre de 20 % », précise Patrick Archambault.
Pour la centrale EDF, il faut dire que le transporteur d’Indre-et-Loire gère, matin et soir, le ramassage du personnel, avec un total de sept lignes (dont deux tournent également le midi). L’activité est importante, car ces lignes sont opérationnelles tous les jours de l’année. Selon la ville de provenance, elles sont assurées avec des autocars de marque Van Hool ou VDL, et quelques modèles 20 places en Mercedes ou Iveco. À cela s’ajoute le transport dans l’enceinte même de la centrale, avec trois autres véhicules Mercedes (Sprinter et Wing) qui tournent quotidiennement sur le site, de 6 à 21 heures et 24 h/24 durant les périodes de maintenance.
Le reste du chiffre d’affaires de la société Archambault Frères est donc désormais généré en grande partie par les lignes scolaires (une trentaine au total, avec des Iveco Recreo et Mercedes Intouro), les périscolaires, les lignes régulières (navette Chinon-Thouars), et les réseaux urbains de Chinon depuis 2012 (Mercedes Wing) et Amboise depuis 2015 (Mercedes Sprinter City). S’ajoute à tout cela la location de cars de grand tourisme pour les agences de l’entité Archambault Travel.
Du fait de la position géographique du siège social de la société, tout près de Chinon, les lignes scolaires se situent aussi bien en Indre-et-Loire que dans le nord du département de la Vienne (18 lignes assurées depuis quatre ans) et, enfin, entre Loudun (86) et Saumur (49). « Je n’ai pas forcément envie de me développer à tout va. Nous répondons aux appels d’offres, mais je considère que nous devons nous consacrer aux lignes situées à moins d’une heure du dépôt. Nous sommes très sensibles à la qualité des services et, comme tous les petits transporteurs, nous profitons d’un bon savoir-faire local », commente Patrick Archambault.
Pour fournir l’ensemble des secteurs, le groupe possède aujourd’hui un parc de 84 autocars et peut compter sur 86 conducteurs salariés. « Beaucoup sont à temps plein mais, du côté de la Vienne, ce ne sont que des temps partiels, et il faut bien admettre que ce n’est pas facile de trouver du personnel pour ce type de contrat. Concernant la partie tourisme, la problématique est différente mais compliquée à gérer également. Nous avons des temps de conduite et des amplitudes horaires à respecter pour chaque chauffeur. Pour les séjours linguistiques par exemple, où nous partons à l’étranger, sur un même week-end je peux avoir besoin de 10 cars sur la route, avec 20 conducteurs à prévoir. De mars à juin, je suis donc obligé d’embaucher des saisonniers. Je pense que c’est pour ça que les grands groupes ne veulent pas trop toucher aux voyages linguistiques », explique Patrick.
En termes de gestion des ressources humaines, n’oublions pas de souligner que, pour le secteur scolaire, l’entreprise dispense une journée de formation à l’ensemble de ses conducteurs, en collaboration avec un organisme agréé. Différents thèmes y sont abordés, comme la prévention et la gestion des conflits, le rappel des consignes de sécurité, les attitudes et la communication à bord…
Au début des années 2000, la société Archambault Frères s’est installée à La Roche-Clermault. À seulement trois kilomètres de Chinon, elle s’est offert un centre d’exploitation moderne, sur un terrain entièrement clôturé de 9 500 m2. Les locaux administratifs occupent 350 m2 et sont destinés à la direction, aux services planning, au commercial, à la comptabilité et au social, et accueillent aussi un atelier fermé et chauffé d’une surface de 400 m2. Trois mécaniciens sont dédiés à l’entretien du parc de véhicules. Pour cela, ils disposent de deux fosses, de deux emplacements pour le nettoyage des cars, de machines pour monter et équilibrer les pneumatiques, ainsi que d’un magasin de pièces détachées et de pneumatiques (Michelin pour les autocars de tourisme, plutôt Continental et Hankook pour les scolaires). La surface et l’organisation de l’atelier autorisent l’entretien de plusieurs véhicules en même temps. L’équipe a aussi à sa disposition un utilitaire affecté exclusivement aux dépannages, afin d’améliorer la rapidité d’intervention.
À l’extérieur, les 6 000 m2 de parking enrobé permettent, eux, le stationnement des cars. Les conducteurs y trouvent une station de lavage pour l’entretien intérieur et extérieur des véhicules, ainsi qu’une station de carburant avec une cuve de 50 000 litres. « La cuve ne sert évidemment qu’aux autocars qui tournent à proximité. Les autres font leur plein dans les stations-service classiques. Aujourd’hui, tout notre parc roule au gasoil. En ce qui concerne la consommation de carburant, les niveaux varient selon l’activité. Je dirais de 25 à 30 l/100 km pour nos autocars de tourisme, et de 25 à 26 l/100 km pour les véhicules scolaires les plus récents. Il y a quinze ans, c’était plutôt de l’ordre de 35 l/100 km. Reste que sur du scolaire, le problème de la consommation est assez relatif, car les bus n’effectuent pas tant de kilomètres que ça chaque année. Le sujet est bien plus déterminant sur le tourisme, puisque les cars font 80 000 km par an en moyenne », précise Patrick Archambault.
Quant à utiliser les bus électriques pour certaines dessertes spécifiques, cela représente un lourd investissement auquel Patrick Archambault commence à réfléchir. Et, à côté de la centrale de Chinon, l’énergie adéquate ne doit pas manquer.
• La SARL Archambault Frères est située à La Roche-Clermault (37), tout près de Chinon. Au 29 février 2016, elle déclarait un chiffre d’affaires de 6 199 500 €, contre 6 053 100 € un an plus tôt.
• Pour l’ensemble de ses activités (tourisme, scolaire, services réguliers), elle dispose d’un parc de 84 autocars de 8 ans de moyenne d’âge de différentes marques: Van Hool, VDL, Iveco et Mercedes. Parmi eux, 15 cars sont réservés aux voyages de groupes, avec des véhicules des marques Van Hool, VDL, et MAN. L’autocar le plus prestigieux de la flotte est un Van Hool de 93 places réparties sur deux étages.
• Toutes activités confondues, les autocars Archambault ont parcouru 2 500 000 kilomètres sur l’année 2016, et ont transporté 200 000 personnes sur cette même période.
• En tenant compte de l’ensemble de ses lignes et activités, Archambault compte 86 conducteurs salariés, 16 employés administratifs et 3 mécaniciens.
