Aider les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite à se déplacer dans les réseaux de transport public en les mettant en relation avec des volontaires accompagnants moyennant quelques euros est le cheval de bataille du réseau social Faciligo. Développée il y a six mois, cette start-up montpelliéraine séduit de plus en plus de communes.
Après un partenariat réussi avec le réseau TaM à Montpellier, Faciligo s’est développée au côté du service Pam75, à Paris. Au fil des mois, Rennes, Orléans et Lyon ont adopté cette solution. Faciligo est également en pourparlers avec la commune de Saint-Raphaël qui, comme la plupart des communes de la Côte d’Azur, compte une forte proportion de personnes âgées. Et ce service pourrait se révéler bien utile. « Nous allons rencontrer, en mars, les élus de la communauté d’agglomération Var Estérel Méditerranée. Toutes les métropoles ont pour obligation de rendre leurs réseaux accessibles. En attendant, nos services constituent une alternative », indique Hind Emad, fondatrice de Faciligo.
À 34 ans, cette diplômée d’une école de commerce a souhaité développer un projet fondé sur l’économie sociale et solidaire. « Faciligo ne nécessite pas de mobiliser des fonds importants. Il suffit d’utiliser les outils de communication des villes. Nous complétons l’offre des communes et des métropoles », explique la gérante.
Si peu à peu les villes de l’Hexagone s’intéressent à cette solution, Faciligo séduit aussi à l’international. « Nous avons des demandes provenant d’Italie, d’Espagne, du Canada et de Belgique », souligne Hind Emad. Le concept s’apparente à celui de Blablacar mais sans la voiture. La plate-forme met en relation les demandeurs et les aidants qui utilisent les transports publics de voyageurs. Il suffit de renseigner la date et le type de trajet.
« Nous sommes les seuls à proposer du covoyage dans tous les modes de transport », se félicite la jeune femme. Pour intervenir sur le créneau des personnes à mobilité réduite, Faciligo a mis au point des critères de sélection inclus dans l’algorithme de la plate-forme. « Les accompagnants sont généralement issus du secteur médical et paramédical. Nous sélectionnons les profils », détaille Hind Emad qui a lancé la plate-forme d’entraide il y a six mois au terme de deux ans de développement.
Pour bénéficier de ce service, il suffit de s’acquitter des frais de participation aux trajets qui s’élèvent à 2,5 euros. « Un euro cinquante est reversé à l’accompagnant, qui voit le montant de sa cagnotte grossir au fur et à mesure des voyages. Il peut également décider d’en reverser le montant à une association et bénéficier d’une déduction d’impôt. Faciligo contribue à favoriser la mobilité pour tous tout en développant les valeurs d’entraide et de solidarité. Cela permet de voyager utile et moins cher », précise la responsable. Faciligo compte plus d’un millier d’inscrits, majoritairement des accompagnants.
