Masdar City vise la compensation totale de l’énergie consommée et veut diminuer la consommation énergétique des bâtiments d’au moins 40 % en jouant sur des dispositifs lowtech inspirés des méthodes traditionnelles perses.
Les dispositifs lowtech concernent avant tout les constructions, les logements et les systèmes de climatisation. Le suivi de la consommation énergétique de chaque habitant était prévu au départ, mais a été abandonné en raison de problèmes éthiques et d’acceptation du système par les personnes concernées.
Chaque immeuble construit doit correspondre aux certifications Estidama Pearl Building Rating, comparable à la certification LEED Gold établie par le Green Building Council aux États-Unis. La certification Estidama Pearl Rating System a été développée par le gouvernement d’Abu Dhabi en 2008 pour créer un urbanisme durable et est appliquée depuis 2010. Elle impose des normes sur les champs environnementaux, économiques, sociaux et culturels à tous les constructeurs. Ces normes s’appliquent respectivement aux immeubles, aux villas et aux bâtiments publics. Chaque classement va d’une à cinq perles. Toute construction dans l’Émirat d’Abu Dhabi doit atteindre au minimum une perle, et deux pour les bâtiments publics comme les hôpitaux ou les écoles. Un système de points est défini pour qualifier les normes tels que 37 pour la catégorie Eau précieuse, 42 pour Énergie durable, 3 pour Pratiques innovantes, etc. Chaque catégorie comprend une liste d’actions et de dispositifs indispensables ou recommandés, comme le monitoring de la consommation de l’eau, l’utilisation d’énergies renouvelables ou le management des déchets organiques.
Masdar City utilise en partie l’électricité générée par une centrale solaire. Chaque année, elle produit 17 500 mégawatts d’électricité, ce qui correspond à une économie de 7 500 tonnes de carbone. Concrètement, un parc de panneaux photovoltaïques a été installé aux abords de la ville. Son emplacement n’est pas le meilleur sachant que les vents rapportent le sable du désert et que « cela crée une brumaille blanchâtre au-dessus des panneaux qui réduit la radiation solaire de 20 % », selon Matteo Chisea, professeur de nanotechnologies à l’Institut des Sciences et des Technologies de Masdar. À l’origine, ces panneaux devaient être installés sur les toits des bâtiments, mais l’ambition a été revue à la baisse en raison de la complexité de mise en œuvre et des coûts afférents.
Tout est fait dans Masdar City pour réduire l’usage de systèmes de climatisation énergivores. Les matériaux utilisés pour les murs extérieurs des bâtiments absorbent peu la chaleur et la rediffusent très légèrement la nuit tombée. Les fenêtres ont des surfaces réduites. Des persiennes mobiles et automatiques couvrent les toits. Les rues sont orientées dans le sens du vent afin d’en bénéficier au maximum.
La tour à vent située au centre de Masdar City constitue très certainement l’emblème phare de la ville. Inspiré d’un dispositif inventé par les Perses, cette tour capte l’air frais et le redirige dans les rues étroites. Aucune technologie d’aspiration ou de refroidissement de l’air n’amplifie le phénomène. On estime que l’ensemble de ces techniques permettent de « baisser la température de dix degrés en période chaude », selon Stephen Severance, responsable du développement de Masdar.
Masdar City Eco-Villa est l’un des projets les plus récents mis en œuvre dans l’éco-cité. Deux Eco-Villas de 405 m2 chacune, la Standard Eco-Villa et la Net Zero-Energy Villa, ont ouvert leurs portes en janvier 2017. Les villas traditionnelles nécessitent 180 à 350 kWh par mètre carré. La Standard Eco-Villa réduit d’un quart cette consommation énergétique. La Net Zero-Energy Villa vise à atteindre une consommation énergétique nette nulle: sa consommation estimée est de 39 285 kWh par an et l’énergie renouvelable produite par les panneaux photovoltaïques situés sur son toit est de 40 000 kWh. La création de maisons familiales écologiques adaptées aux modes de vie des Abudhabiens, spacieuses et inspirées des villas traditionnelles, est une condition sine qua non de leur adoption par les Emiriens.
